Pari réussi pour Normand Chouinard: l'adaptation québécoise de La cage aux folles est un franc succès.

Stéphanie Vallet LA PRESSE

Le metteur en scène a audacieusement ajouté sa touche au grand classique de Jean Poiret tout en gardant le texte d'origine de la pièce de théâtre, faisant ainsi redécouvrir au public La cage aux folles et ses répliques à la fois cinglantes et désopilantes.

On aurait pu craindre que son incursion dans le cabaret soit de trop, mais on en redemande tant les tours de chant et de danse de Benoît Brière et de ses acolytes sont une réussite.

On retrouve Georges (Alain Zouvi) et Albin, alias Zaza (Benoît Brière), dans leur appartement de Saint-Tropez au premier étage de leur cabaret. Le couple doit faire face à une situation qui perturbera son quotidien: Laurent (Frédéric Millaire-Zouvi), le fils de Georges, vient annoncer ses fiançailles et la visite de ses futurs beaux-parents ultraconservateurs à son père. Forcé de sauver les apparences et de simuler la famille respectable, Georges tentera d'éloigner Albin, qui finira par se faire passer pour la mère de Laurent.

La rencontre entre Benoît Brière et Albin semblait inévitable. Le comédien offre une performance digne de celle de Michel Serrault, dans un rôle à la mesure de son talent, passant haut la main le test de la scène de la biscotte et celle de la démarche à la Gabin, sans jamais sombrer dans le ridicule ou la démesure.

La chimie opère entre Benoît Brière et Alain Zouvi, un duo plein de tendresse et de complicité. Petit bémol concernant la performance de Frédéric Millaire-Zouvi dont on attendait plus d'aisance sur scène et d'atomes crochus avec son père, Alain Zouvi, qui offre quant à lui une interprétation remarquable.

Mention spéciale à Éric Paulhus (Jacob) et à Éric Bernier (Mercedes), qui font rire aux larmes en extravagants travestis.

Une pièce qui en met plein la vue, une colossale production d'un million de dollars dont chaque cent a été judicieusement investi dans des costumes, musiques et éclairages de qualité. Chapeau également aux changements de décors, de la bonbonnière au monastère en passant par la scène du cabaret.

Jamais forcée, tout en justesse, La cage aux folles est une grande fête de deux heures et demie, un incontournable cet été.

La cage aux folles au Théâtre du Vieux-Terrebonne jusqu'au 10 septembre.