Créé au bord de la rue du Parc en 2006, le bar Le Parc des princes était au début un bistrot français. Frédéric Mougeot en a fait un lieu de spectacles multiculturel que des humoristes ont adopté pour faire leurs premiers pas. Sans gros mots.

Éric Clément LA PRESSE

La naissance du bar Le Parc des princes est une histoire autant d'amour que d'humour. Il était une fois un Français arrivé à Montréal en 2003. Formé en vente et marketing, Frédéric Mougeot et sa conjointe Lucy décident d'ouvrir un bistrot français au 5293, avenue du Parc.

Nommé en l'honneur de l'avenue du Parc et du stade parisien, Le Parc des princes sert sa première bière le 9 juin 2006, à la veille de la Coupe du monde de soccer. Les Français et autres amateurs de foot sont les premiers clients. Mais Frédéric Mougeot ne veut pas créer un second Barouf. «Je voulais faire de l'événementiel», dit-il en entrevue.

Depuis cinq ans, il présente de la variété, de l'improvisation et beaucoup d'humour, en français et anglais. «L'humour est au coeur du Parc des princes et de ce que je veux développer», dit-il.

La Presse s'est rendue dans ce bar sympatique voir des shows d'humour. D'abord, ceux de Benjamin Marquis, qui y présente un spectacle tous les 15 jours. Si Jérémy Demay est le plus québécois des humoristes français, Benjamin Marquis est le plus français des humoristes québécois.

Capable de prendre l'accent français à la perfection, il connaît beaucoup de succès dans ce bar. «C'est ma résidence artistique!», dit-il. Drôle et talentueux, il parvient à remplir la salle de 80 places grâce à l'internet et au bouche-à-oreille. C'est son imprésario, Annie Elkaim, qui l'a amené au Parc. «Nous cherchions une petite scène pour répéter son one man show il y a trois ans, dit-elle. Nous avons rencontré Frédéric Mougeot. Il a accepté avec enthousiasme qu'on occupe son espace.»

«Benjamin touche les Français et les Québécois, dit Frédéric Mougeot. Avec lui, la salle est moitié française moitié québécoise. Et les gens rigolent sur les comportements des uns et des autres.»

Relève artistique

Benjamin Marquis a un humour qui correspond au style du Parc des princes. «On veut travailler avec des gens qui ont du talent et qui, humainement, ont des valeurs de générosité, de convivialité et de simplicité, dit M.Mougeot. Benjamin est de ceux-là. Chez nous, pas de pipi-caca-prout-prout. On peut faire rire avec autre chose.»

Depuis, Annie Elkaim a produit Bruce Fauveau, jeune humoriste français venu s'établir au bord du Saint-Laurent. Neev, qui participera au gala de Guy Nantel à Juste pour rire, est aussi passé par le Parc.

«J'ai commencé à m'y produire quand je jouais avec un band il y a quatre ans, dit l'humoriste juif sépharade. J'y suis retourné avec Benjamin et pour la première partie du magicien Sébastien Louis XVI. C'est une superbe place pour des soirées de rodage.»

Les humoristes Jocelin Haas, Thomas Cock et Reda Senoussaoui s'y produisent aussi. «Le Parc est une bonne place pour roder mes numéros et préparer mon one man show, dit Reda. J'y jouerai avec mon ami musicien Karim Medfai le 29 juin.»

Aujourd'hui, producteurs et agents s'intéressent au Parc. «Ça me touche beaucoup, car j'ai travaillé très fort pour ça», dit Frédéric Mougeot. Il a travaillé d'autant plus fort qu'il a une leucémie qui l'oblige à se rendre régulièrement à l'hôpital. Il a donc pris un assistant, Éric Simonet, qui l'aide à gérer le bar.

«Frédéric est un exemple de force de survie face à la maladie, dit Annie Elkaim. Il est très investi dans tous nos projets et passionné par tout ce qui peut apporter du bonheur à sa famille, aux artistes, à ses amis, clients et partenaires. Il est très sensible à la relève artistique. Rien n'aurait été possible sans lui.»