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Jeff Koons de nouveau condamné pour contrefaçon

Le plasticien américain Jeff Koons a de nouveau... (Photo ANTHONY WALLACE, archives AFP)

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Le plasticien américain Jeff Koons a de nouveau été condamné jeudi pour «contrefaçon» par la justice française, cette fois pour avoir copié le cochon de la marque de prêt-à-porter féminin Naf-Naf, dans une oeuvre exposée à Paris en 2014.

Photo ANTHONY WALLACE, archives AFP

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ANNE-SOPHIE LASSERRE
Agence France-Presse
Paris

Star controversée de l'art contemporain, le plasticien américain Jeff Koons a de nouveau été condamné jeudi pour «contrefaçon» par la justice française, cette fois pour avoir copié le cochon de la marque de prêt-à-porter féminin Naf-Naf, dans une oeuvre exposée à Paris en 2014.

Le tribunal de grande instance de Paris a condamné Jeff Koons-mais aussi la société dont il est le gérant et le Centre Georges Pompidou, qui a exposé la sculpture en porcelaine du plasticien, lors d'une rétrospective-à verser solidairement 135 000 euros (202 000 $) de dommages et intérêts au publicitaire Franck Davidovici, concepteur du visuel Fait d'hiver pour Naf-Naf en 1985.  

La société Jeff Koons LLC a également été condamnée à payer 11 000 euros (16 500 $) à M. Davidovici pour avoir reproduit la sculpture sur le site internet de l'artiste. L'éditeur Flammarion a quant à lui été condamné à verser 2000 euros (3000 $) de dommages et intérêts pour avoir commercialisé un livre reproduisant l'oeuvre.

«Le jugement est très clair et cinglant: Jeff Koons ne peut pas se prévaloir d'une quelconque liberté d'expression artistique», s'est réjoui l'avocat du publicitaire, Jean Aittouares.

«Les juges n'ont pas été dupes, c'est satisfaisant. Ce qui est plus décevant, c'est qu'ils ne vont pas jusqu'à tirer la conséquence ultime, la confiscation de l'oeuvre», a ajouté Me Aittouares.

La confiscation de la sculpture, que Koons avait aussi titrée Fait d'hiver, n'a en effet pas été ordonnée par le tribunal, comme le réclamait M. Davidovici.

Le plasticien s'était défendu de toute contrefaçon, en expliquant avoir créé «une oeuvre nouvelle et indépendante». D'autant que le message de Jeff Koons n'était pas de «vendre des vêtements», avait soutenu son avocat à l'audience.

Cette nouvelle condamnation s'ajoute à une liste déjà longue pour Koons, l'un des artistes les plus cotés au monde, mais également controversé, et qui a souvent défendu une démarche «d'appropriation» dans son travail.

Le même tribunal parisien avait jugé en mars 2017 que son oeuvre Naked était la contrefaçon du cliché d'un photographe français montrant deux enfants nus, et l'avait condamné à verser des dommages et intérêts aux ayants droit de l'auteur de la photographie.

Naked et la sculpture Fait d'hiver font partie de la série Banality, dont d'autres pièces ont valu à Jeff Koons des poursuites pour plagiat.

«Différences minimes»

La sculpture Fait d'hiver avait été présentée une première fois en 1988 dans une galerie new-yorkaise, puis vendue à la Fondation Prada environ trois millions d'euros en 2007 chez Christie's à New York.

C'est lors d'une rétrospective de Koons fin 2014 au Centre Pompidou, à Paris, que Franck Davidovici a découvert l'oeuvre et les nombreuses similitudes avec son modèle.

Le publicitaire avait alors assigné l'artiste américain et sa société, ainsi que le musée parisien, Flammarion et le propriétaire de l'oeuvre, auxquels il demandait près de 300 000 euros (450 000 $) en réparation du préjudice subi.

Le tribunal a reconnu que Franck Davidovici, directeur de création indépendant, était bien l'auteur du visuel Fait d'hiver, une oeuvre «originale» confrontant de façon inhabituelle une jeune femme évanouie ou alanguie dans la neige, avec penchée sur elle un petit cochon portant à son cou un tonnelet de chien saint-bernard.

Bien que Jeff Koons ait ajouté dans sa composition des pingouins, des fleurs autour du cou du cochon et des lunettes sur le front de la jeune femme, désormais vêtue d'un haut en résille et non plus d'une doudoune, des «différences minimes» pour le tribunal, «la mise en scène très reconnaissable» de l'oeuvre «première» «est la même», a estimé le tribunal.

Jeff Koons n'ayant pas demandé l'accord de Franck Davidovici pour adapter son visuel, «la contrefaçon est donc constituée», pointent les juges.

L'avocat de Jeff Koons n'était pas joignable dans l'immédiat.




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