Après #metoo, #wetoo

Le réalisateur Michel Hazanavicius... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

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Le réalisateur Michel Hazanavicius

Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

(PARIS) En soutien au mouvement féminin #metoo qui fait boule de neige depuis l'affaire Harvey Weinstein, deux Français viennent de lancer le mouvement #wetoo pour donner la parole aux hommes.

Le cinéaste Michel Hazanavicius (The Artist, Le redoutable) et l'écrivain Raphaël Glucksmann ont publié samedi dans les pages du Nouveau Magazine littéraire (dont Glucksmann est le directeur) un manifeste intitulé «Nous aussi, nous voulons l'égalité».

> Lire le manifeste

But de la démarche: rejeter en bloc le plaidoyer pour la «liberté sexuelle» et la «liberté d'importuner» des hommes, publié il y a trois semaines par 100 femmes - dont l'actrice Catherine Deneuve - dans le journal Le Monde.

«Notre réaction fut d'abord de nous taire et de lire, d'écouter ce qu'elles avaient à nous dire d'elles-mêmes, du monde et de nous», écrivent Glucksmann et Hazanavicius en parlant du mouvement #metoo.

«Puis la question de nos libertés d'hommes - de séduire, d'importuner, de draguer ou de flirter - s'est posée.»

«Et il nous faut donc prendre la parole à notre tour. Pour dire que nous ne voulons pas de ces "libertés" si elles s'inscrivent dans des situations et des structures de domination.» - Extrait du texte paru dans Le Nouveau Magazine littéraire

Et de conclure: «Nous aussi, nous voulons l'égalité qui seule nous rendra tous et toutes réellement libres.»

Interviewés hier matin sur la radio Europe 1, les auteurs du texte ont ajouté que le mouvement #metoo était une «révolution de société» et que le «rôle» des hommes était de dire: «Il y a quelque chose d'important qui se passe.»

L'historienne du féminisme Florence Montreynaud... (Photo Marco Campanozzi, Archives La Presse) - image 2.0

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L'historienne du féminisme Florence Montreynaud

Photo Marco Campanozzi, Archives La Presse

Accueil favorable

On ne peut pas être contre la vertu. Les quelques féministes françaises interrogées hier par La Presse ont semblé saluer - quoiqu'avec un grain de sel - cette louable démarche masculine.

Pour la jeune Franco-Québécoise Rebecca Amsellem, auteure du blogue Les Glorieuses, le mouvement #wetoo est «important, car il démontre à quel point le mouvement féministe en France "est un mouvement bénéfique pour les deux sexes"». Ce genre de mouvement, précise-t-elle, pourra notamment inciter d'autres hommes à «reconnaître qu'ils ont merdé», avant qu'ils ne «changent leur comportement».

Même son de cloche chez l'historienne du féminisme Florence Montreynaud, qui s'apprête à lancer Le roi des cons chez Le Robert, un essai sur la dictature du masculin dans la langue française. Pour cette dernière, il est à prévoir que #wetoo - et autres initiatives similaires à venir - vont faire tache d'encre et forcer les hommes à prendre position. «Ça fait quatre mois [depuis l'affaire Weinstein]. Après l'accueil, l'écoute et la prise de conscience, les temps sont mûrs.» 

«Maintenant, les hommes doivent choisir leur camp. Soit ils sont du côté des machos, soit ils sont dans un désir de liberté et d'échange avec les femmes, à égalité. Le silence, désormais, c'est se rendre complice.»

Petite réserve, tout de même, chez Véronique Le Bris, auteure du livre 50 femmes de cinéma à paraître début mars en France. Si la journaliste trouve la démarche de Glucksmann et Hazanavicius «formidable», elle s'inquiète toutefois qu'elle ne finisse par «prendre le dessus dans le débat», ce qui équivaudrait à un fâcheux pas en arrière.

«Il faut que ce soit un soutien, pas une récupération de la parole des femmes par des hommes, aussi bienveillants soient-ils. Ce serait un comble!», prévient-elle.




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