Denise Filiatrault a soufflé ses 80 bougies, hier soir sur la scène du Théâtre du Rideau Vert, en compagnie de ses filles, ses collaborateurs et ses amis comme Dominique Michel, Normand Brathwaite, Serge Postigo et Michel Tremblay.

Mis à jour le 17 mai 2011
Stéphanie Vallet LA PRESSE

Ils lui avaient concocté une surprise de taille en organisant, dans le plus grand secret, un spectacle regroupant des extraits des cinq comédies musicales qu'elle a dirigées au Rideau Vert, le tout entrecoupé de vibrants hommages à la grande dame de théâtre.

Denise Filiatrault s'attendait à un simple dîner d'anniversaire en famille. Elle est descendue en larmes de la limousine qui l'a conduite à ce spectacle hommage, regroupant tous ceux qui ont croisé son chemin au fil des années.

«C'est beau, mais c'est effrayant!», a-t-elle dit en faisant son entrée au milieu de toute la colonie artistique venue célébrer ses 80 ans.

Cette surprise en préparation depuis plusieurs semaines a demandé la plus grande discrétion de la part de son entourage. Céline Marcotte, Danièle Lorain et Émily Bégin ont voulu fêter comme il se doit Denise Filiatrault en organisant cet événement.

Elles s'étaient tout de suite mises d'accord avec l'idée de ce spectacle, qui a également fait l'unanimité auprès des 28 artistes que Denise Filiatrault a dirigés au cours des dernières années. Cela faisait un mois qu'ils préparaient leur prestation s'inscrivant dans une suite chronologique des cinq comédies musicales montées par Denise Filiatrault sur la scène du Rideau Vert, où elle est directrice artistique depuis 2004.

Émily Bégin, qui a participé aux cinq créations de la metteure en scène, a activement participé à la création de ce spectacle de 45 minutes.

«On a monté un spectacle hommage même si Denise n'aime pas trop les hommages. Il faut la divertir, la faire rire, il faut qu'il y ait des émotions, mais pas trop, car c'est une femme hypersensible qui n'aime pas quand c'est trop émotif», explique-t-elle.

Le spectacle surprise

Ce spectacle rythmé et intime, constitué des coups de coeur de Denise Filiatrault, a débuté par la projection d'une vidéo revenant sur sa vie et sa carrière. Le tout réalisé avec beaucoup d'humour et d'émotion, avec le témoignage de ses filles et de son petit-fils Mathieu.

Luc Guérin a ouvert le bal en interprétant un extrait de Cabaret, tout en changeant les paroles pour souhaiter la bienvenue et surtout bonne fête à Denise Filiatrault. Puis Catherine Sénart a enchaîné avec J'aurais voulu danser, un numéro de My Fair Lady.

Le spectacle s'est poursuivi avec Big Spender, un numéro de Sweet Charity qui a été repris dans son intégralité avec la présence sur scène des cinq interprètes d'origine. La chanson d'ouverture de Neuf a ensuite été interprétée et Serge Postigo a repris pour l'occasion son personnage de Guido.

Le spectacle s'est achevé par deux numéros d'Un violon sur le toit, dont un duo interprété par Linda Sorgini et Martin Larocque, ainsi qu'une chorégraphie baptisée La danse des bouteilles, sans contredit l'un des numéros préférés de Denise Filiatrault, qui tapait des mains et sautillait durant toute la prestation.

«J'ai trouvé ce spectacle extraordinaire. Quand je pense que j'ai eu la chance de monter tous ces beaux spectacles. Je voyais des talents sur scène, des jeunes qui chantent, qui dansent, qui jouent, et je bouillais de bonheur! J'espère que je vais avoir la santé pour continuer à faire ce métier. Rendu à mon âge on ne sait pas ce qui peut arriver, il faut être lucide, ça demande beaucoup de travail et d'énergie!», a déclaré Denise Filiatrault, émue, à la fin du spectacle.

De nombreux hommages

Ses filles Danièle et Sophie Lorain n'ont pas manqué l'occasion de souligner leur fierté et leur amour pour leur mère.

«On est tous contents de l'avoir avec nous et on espère la garder encore longtemps. Tout le monde a rendu hommage à sa rigueur, sa passion et son enthousiasme», a dit Danièle Lorain.

«Je lui souhaite une longue vie pleine de créativité, de bonheur et d'énergie pour pouvoir continuer. Ce soir, c'est une grosse première, et c'est la sienne!», a ajouté Sophie Lorain.

Normand Brathwaite n'a pas manqué de souligner sa gratitude et son amitié envers elle.

«Je l'aime autant que la première fois que je l'ai vue dans ma vie. Je lui dois tout, ma carrière et surtout une grande partie de mon bonheur. C'est une femme qui est restée mon amie toute la vie et c'est rare, dans ce milieu là», a-t-il expliqué.

«Denise est une dynamo, c'est le talent tout cru et un exemple pour tout le monde d'avoir cette énergie à l'âge qu'elle a. Je lui ai apporté une de mes plus belles aquarelles», a dit Michel Tremblay peu avant de monter sur scène pour lui rendre hommage.

Dominique Michel est également venue saluer sa complice de toujours et en a profité pour lui rappeler l'importance de prendre le temps de profiter de la vie.

«La seule chose que je lui souhaite, c'est la santé. C'est une travailleuse effrénée, elle veut plaire au public et j'aimerais qu'elle profite un peu de la vie. Moi, c'est la maladie qui m'a assise pour enfin apprécier ce que j'ai. C'est ce que je lui souhaite de tout mon coeur», a-t-elle dit.

Le mot de la fin est revenu à Denise Filiatrault qui, du haut de ses 80 printemps, a tenu à dire: «Je vous aime, merci à mes filles et à mon petit-fils. Je remercie tous les jours le Bon Dieu pour cette vie là. Ostie que c'était bon!»