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Anne Akiko Meyers, la femme aux deux Stradivarius

«Depuis que j'ai acheté le Molitor, tout le... (Photo: eOne Records)

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«Depuis que j'ai acheté le Molitor, tout le monde me demandait quelle était la différence avec le Royal Espagnol sur lequel je joue depuis six ans. Je me suis dit que la meilleure façon de montrer ces différences serait d'enregistrer les deux parties de ce concerto afin que les gens puissent en juger par eux-mêmes.»

Photo: eOne Records

Caroline Rodgers
La Presse

La violoniste américaine Anne Akiko Meyers n'aime pas faire les choses comme tout le monde. Pour son nouveau disque, Air - The Bach Album, elle a décidé de jouer en duo... avec elle-même. Sur ses deux Stradivarius.

Rares sont les musiciens qui peuvent se vanter d'avoir deux instruments du célèbre facteur italien. Mme Akiko Meyers a fait l'acquisition en octobre 2010 du Napoléon-Molitor pour la somme de 3,6 millions, établissant alors un record qui a été battu depuis par la vente du Lady Blunt, adjugé l'an dernier pour 9,8 millions. Elle possédait déjà le Royal Espagnol de 1697 depuis plusieurs années. Elle a décidé d'enregistrer le Concerto pour deux violons en ré mineur de Bach en jouant les deux parties.

«Depuis que j'ai acheté le Molitor, tout le monde me demandait quelle était la différence avec le Royal Espagnol sur lequel je joue depuis six ans, dit la musicienne. Je me suis dit que la meilleure façon de montrer ces différences serait d'enregistrer les deux parties de ce concerto afin que les gens puissent en juger par eux-mêmes.»

Avant elle, le légendaire Jascha Heifetz, notamment, avait enregistré ce concerto pour deux violons en jouant les deux parties, mais il l'avait fait sur le même instrument, un Guarnerius del Gesù. Heifetz possédait lui-même trois violons d'Antonio Stradivari en plus du Guarnerius.

«Sur cet enregistrement d'Heifetz, les deux parties sonnent exactement pareil, dit la violoniste. Sur mon disque, je voulais que les deux parties sonnent différemment. Le Molitor a une sonorité extraordinaire dans l'aigu, ce qui convenait parfaitement pour jouer le premier violon. Le Royal a une couleur plus sombre qui est mise en valeur dans la partie du second. J'ai enregistré les deux parties dans des villes différentes. D'abord, j'ai enregistré le premier violon à Londres avec l'English Chamber Orchestra et c'était étrange de ne pas entendre le deuxième. Puis je me suis rendue en studio à New York pour enregistrer la seconde partie en écoutant la première dans mon casque d'écoute. En entendant enfin les deux en même temps, j'ai été émerveillée par leurs sonorités contrastantes.»

L'accueil du public a été au-delà de ses espérances puisque son disque a été parmi les plus populaires sur le site américain d'Amazon depuis sa sortie, en plus d'être en tête du palmarès classique Billboard à sa sortie aux États-Unis.

Aussi mère de deux enfants, dont la plus jeune est née il y a à peine deux mois, la violoniste mène une belle carrière internationale. Elle a joué avec plusieurs grands orchestres du monde et s'est produite, entre autres, à Carnegie Hall et au Concertgebouw d'Amsterdam. Enfant prodige, elle s'est produite en public pour la première fois avec un orchestre à l'âge de 7 ans. À 12 ans, elle faisait ses débuts avec le Los Angeles Philharmonic sous la direction de Zubin Mehta. Sa discographie compte plus de 20 titres. Friande d'activités grand public, elle n'a pas hésité à jouer l'hymne national américain devant 42 000 spectateurs à l'occasion d'un match de baseball. Un côté accessible qui contribue certainement à la popularité de ce dernier album.

La démarche musicale d'Anne Akiko Meyers n'en est pas une aux grandes prétentions musicologiques.

«Aujourd'hui, chaque musicien tente de faire des enregistrements avec une certaine démarche historique, mais on reste des personnes modernes, dit-elle. À mon avis, il y a une limite à ce que vous pouvez faire pour que cela sonne authentique. J'ai étudié le vibrato, les articulations, les coups d'archet du temps de Bach. Mais en fait, nous n'avons aucune idée de la façon dont la musique sonnait réellement à cette époque. Pour moi, jouer Bach est déjà, en soi, un retour aux sources pour chaque musicien.»

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CLASSIQUE. ANNE AKIKO MEYERS. AIR - THE ALBUM. EONE RECORDS.




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