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ECM+: musique contemporaine, opéra, film noir, BD, hockey!

La maestria Véronique Lacroix dirige les musiciens de l'Ensemble contemporain... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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La maestria Véronique Lacroix dirige les musiciens de l'Ensemble contemporain de Montréal (ECM+) lors d'une répétition en vue de l'opéra Hockey noir, présenté ce soir et demain au Monument-National.

Photo Olivier Jean, La Presse

Comment peut-on concilier les esthétiques de la musique contemporaine, de l'opéra, de la bande dessinée, du film noir et... du hockey?

L'Ensemble contemporain de Montréal (ECM+) nous suggère cette réponse : Hockey noir, l'opéra, oeuvre multidisciplinaire du compositeur André Ristic et de la librettiste Cecil Castellucci, avec les illustrations animées de Kimberlyn Porter, projetées sur grand écran en forme de H.

Exécuté sous la direction artistique de Véronique Lacroix, directrice artistique et maestra de l'ECM+, cet opéra de chambre raconte une aventure tragicomique où convergent notre sport national et le film noir de l'après-guerre.

La trame narrative est ainsi conçue: un détective nous dévoile les détails de son enquête menée dans les coulisses du hockey et du nightlife des années 50, soit au cours de séries éliminatoires imaginaires entre les Quabs de Montréal et les Pine Needles de Toronto.

Le récit de Hockey noir s'est d'abord inspiré de la disparition mystérieuse et tragique de Bill Barilko, hockeyeur des Maple Leafs de Toronto disparu en avion dans une excursion de pêche après avoir remporté la Coupe Stanley en 1951 - dont il avait marqué le but vainqueur au terme de la série finale. Ses restes n'avaient été découverts qu'une décennie plus tard.

Dans le cas qui nous occupe, un jeune joueur de hockey, impliqué dans une série finale entre Toronto et Montréal, disparaît dans d'autres circonstances. Criblé de dettes, ce Bigowsky est soumis au chantage du mafieux Romanov ; le gangster veut contraindre l'athlète à changer l'allure du match final afin de remporter la mise faramineuse d'un pari.

Or, Guy Lafeuille, coéquipier de Bigowsky, s'oppose à la proposition, alors...

Devant l'impossibilité de répondre à la commande de son persécuteur, le jeune joueur s'éclipse dans la nature pour ressurgir plus tard dans l'histoire, déguisé en femme. Après quoi...

Amatrice de hockey... à la radio

Ainsi, Véronique Lacroix, quatre chanteurs et six musiciens de l'ECM+ (quatuor à cordes, percussions et synthétiseur) sont réunis sur scène. Pierre-Etienne Bergeron incarne Romanov, la mezzo Marie-Annick Béliveau campe Madame Lasalle (petite amie de Romanov et reine de la nuit), la soprano Pascale Beaudin joue Bigowsky, le ténor Michiel Schrey devient Lafeuille.

Amorcé par la directrice artistique et maestra de l'ECM+, Hockey noir vient de son amour pour le hockey... décrit à la radio.

«Veuve du hockey, j'ai fini par adhérer à ce sport en l'écoutant en direct à la radio. Martin McGuire et Dany Dubé sont d'excellents descripteurs et analystes, leurs retransmissions des parties de hockey me sont apparues palpitantes.» 

«Écouter ça, c'est un vrai concert... quelle ambiance! Cela me permet d'imaginer moi-même le spectacle de la partie, je trouve ça vraiment excitant.»

Et puisque le CH ne fait pas les séries cette année, l'occasion est belle d'évoquer notre sport national à travers une approche opératique et contemporaine.

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La maestria Véronique Lacroix dirige les musiciens de l'Ensemble contemporain de Montréal (ECM+) lors d'une répétition en vue de l'opéra Hockey noir, présenté ce soir et demain au Monument-National.

Photo Olivier Jean, La Presse

«Le sentiment d'appartenance à ton équipe sportive, c'est ce qui est le plus proche du sentiment national, ajoute Véronique Lacroix. Lorsque le Canadien gagne un match important, tu peux saluer de parfaits inconnus dans la rue, les frontières culturelles et linguistiques tombent instantanément.»

Pour la musicienne, le hockey est unificateur comme le fut jadis l'opéra, soit avant l'arrivée de l'enregistrement, du cinéma et des médias électroniques. «À l'origine, l'objet de l'opéra était de ramener tous les milieux sociaux sur un terrain commun. Voilà ce que nous voulons faire à notre tour.»

Pionniers de l'opéra BD

Cet opéra est également l'occasion de lier le thème du hockey à celui du film noir, très en vogue dans les années 50: «Cecil Castellucci a une fascination pour le film noir et elle a écrit plusieurs romans graphiques où son imagination foisonnante est mise à profit. Le compositeur André Ristic et elle sont des jumeaux en termes de créativité au pouce carré. Vraiment très électriques ! Je les ai réunis en 2010 pour la conception des Aventures de Madame Merveille, un premier opéra BD. J'oserais même dire que nous avons mis au monde cette forme spécifique d'opéra. Personne n'est allé aussi loin que nous dans l'opéra BD.»

L'ECM+ prétend aller encore plus loin, cette fois-ci, dans l'élaboration de la trame narrative au service de la musique, du chant et de l'image.

«On peut tout faire avec la bande dessinée, un support parfait pour l'opéra. Ainsi, ce qui apparaît sur l'écran en forme de H [pour hockey] est le décor en soi, les mêmes personnages y sont prolongés en quelque sorte par le décor et même leurs propres humeurs illustrées dans le dessin.» 

«Les solistes réels, eux, bougent devant l'écran; leurs déplacements sont mis en scène [par Marie-Josée Chartier] et mis en relation avec les illustrations.»

Musicalement, explique Véronique Lacroix, le compositeur évoque des éléments de tradition opératique, notamment ce personnage masculin interprété par une femme, comme Mozart l'avait prévu dans Les noces de Figaro. La satire accompagne aussi ce récit de film noir, jamais totalement dramatique.

«On est entre le drame et l'humour, ça se passe autant dans le texte que dans les images et la musique. Par exemple, un quatuor à cordes tisse une trame bien ficelée: musique contemporaine écrite dans une tradition classique, mais à laquelle se greffent des effets électroniques et échantillonnages sonores complètement délirants et très habilement agencés par André Ristic.»

Natif de Québec, le musicien vit à Bruxelles depuis une quinzaine d'années après avoir étudié et vécu à Montréal.

«En plus d'être un compositeur marquant pour sa génération, il est lui-même un pianiste virtuose ; il joue dans un ensemble de musique contemporaine en Belgique, en plus d'y écrire ses oeuvres. Vous comprendrez que la tenue harmonique de sa musique est solide, bien que ses influences soient multiples et que son approche soit éclatée et d'autant plus étincelante. C'est d'ailleurs pourquoi sa musique est encore jouée régulièrement, à Montréal comme à Toronto.»

À l'évidence, André Ristic ne disparaîtra pas après avoir marqué le but gagnant...

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Au Monument-National, ce soir et demain, à 19 h 30.




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