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L'orchestre métropolitain au chalet du Mont-Royal: ivresse au sommet

Le programme consacré à Beethoven et à Wagner... (PHOTO ALAIN DECARIE, LA PRESSE)

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Le programme consacré à Beethoven et à Wagner était le même que celui du concert donné au Festival de Lanaudière mercredi soir.

PHOTO ALAIN DECARIE, LA PRESSE

Caroline Rodgers
La Presse

L'atmosphère oscillait entre calme et fébrilité, hier soir devant le chalet du Mont-Royal, alors que plusieurs milliers de personnes s'étaient déplacées pour entendre l'Orchestre Métropolitain. Un concert rondement mené par Yannick Nézet-Séguin, qui a passé aussi vite qu'une belle journée d'été.

Le programme consacré à Beethoven et à Wagner était le même que celui du concert donné au Festival de Lanaudière mercredi soir : un programme équilibré qui ne sous-estime pas l'intelligence du public. Le début du concert n'a été alourdi d'aucun discours de notables, les premières notes de l'ouverture Egmont de Beethoven retentissant dès que Yannick Nézet-Séguin a pris place sur le podium sans plus de cérémonie.

Après cette première pièce, le chef d'orchestre a pris le micro pour un petit discours, d'abord pour remercier Dame Nature de sa clémence, puis les Concerts Campbell, qui, grâce à l'héritage d'un riche mécène, permettent d'offrir gratuitement des concerts en tous genres dans les parcs montréalais. Le chef a enchaîné en nous expliquant sa vision de la Huitième symphonie de Beethoven, qu'il a comparée à un «rockeur dur au coeur tendre». La Symphonie no 8 est à ses yeux le prolongement de la Pastorale, avec un peu plus d'humour.

L'orchestre nous en donnera une interprétation élégante, toute en courbes, construite autour d'une pulsation que l'on sent vivante et de phrases qui coulent avec naturel, sans jamais rien de forcé. Partout, de petits détails comme la ligne d'une clarinette ou d'une flûte sont soulignés avec éloquence, mais sans ostentation. Tout se tient.

Par moments, la deuxième partie du concert est comme une caresse qui donne envie de pleurer. D'abord avec une Siegfried Idyll déchirante de tendresse et dont l'enchantement se prolonge jusqu'aux prémices d'un coucher de soleil en demi-teinte.

Du prélude de Tristan et Isolde, on retiendra la tension, l'ardeur pénétrante, la langueur des cordes et la sérénité parfaite d'une finale s'exhalant comme un soupir de volupté.

De tout ce concert et de sa présentation sans artifices ni animateur vedette, on retiendra un message implicite, un non-dit que l'on pourrait sans doute traduire par «c'est l'été, il fait beau et nous vous faisons simplement cadeau de notre musique sans nous péter les bretelles». En cette époque de surenchère verbale, cette sobriété amicale est très appréciée.

Quant à la sonorisation, qualifions-la de médiocre à passable, comme c'est malheureusement le cas dans la plupart des concerts classiques à l'extérieur. Il s'agit d'une peccadille compte tenu de la grande qualité musicale du reste.

Ceux qui ont raté ce beau moment de musique pourront se reprendre ce soir, à 19h30, au parc West Vancouver de L'Île-des-Soeurs.




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