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Le rêve de Grégoire... et notre cauchemar

Claude Gingras
La Presse

Une chose est sûre: on avait promis «70 minutes sans entracte» et c'est exactement ce qui se passe. Le rêve de Grégoire commence à 20 h 05 et on sort du Monument-National à 21 h 15.

Une autre chose est sûre: c'est la 15e création de Chants Libres et c'est la dernière à laquelle assiste celui qui vous parle. Oui, la dernière. Autant j'admire la ténacité de Pauline Vaillancourt, la fondatrice et directrice de Chants Libres dont je ne doute pas un seul instant de la sincérité, autant je renonce à comprendre ce qu'elle nous propose.

Malgré leur hermétisme profond, certaines productions passées ont quand même laissé quelques impressions durables. Cette fois, c'est la confusion la plus totale. On a beau lire le «mot» de l'auteur et le «mot» du metteur en scène, on n'est guère plus avancé. L'auteur indique qu'il a choisi comme thème - et je cite - «le dictat des Dieux des marchés». Quant au metteur en scène, il écrit, entre autres choses: «C'est l'histoire d'un gars qui aime mieux passer pour une bibitte - quitte à en devenir une - qu'accepter de vivre dans le monde tel qu'il est.»

En soi, un programme riche de promesses. Hélas! sa réalisation ne va pas très loin. Commençons par le texte. Bien qu'il soit fourni à l'entrée, on ne peut le consulter car la salle est plongée dans le noir, sauf au tout début et à la toute fin. Il faut donc s'en remettre aux interprètes: ou bien on distingue les mots et on suit mal leur dialogue alambiqué, ou bien leur diction est incompréhensible, voire déformée par un accent étranger. Au surplus, le personnage principal est généralement éclipsé par les figures allégoriques qui l'entourent.

La distribution réunit sept chanteurs professionnels, mais aucun n'a quoi que ce soit de valable à chanter, au sens normal du terme. Le plus souvent, la ligne vocale se ramène à du parlando, à du simple parlé, ou à des cris assourdissants.

La partie instrumentale est plus réussie: les cordes, les percussions, tout sonne gros et fort. Mais ce n'était pas la peine d'engager quatre saxophonistes qu'on n'entend guère dans la mêlée.

Reste le spectacle lui-même. Comme toujours chez Chants Libres, il y en a beaucoup pour l'oeil: une chorégraphie de personnages tout en contorsions, d'innombrables projections mobiles à la grandeur de l'ouverture de scène, des effets frappants du genre Lepage-la-machine, des costumes et maquillages extravagants, des éclairages ingénieux.

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LE RÊVE DE GRÉGOIRE, opéra en deux actes, livret et musique de Pierre Michaud (création). Production: Chants Libres. Mise en scène: René-Daniel Dubois. Scénographie: Gabriel Tsampalieros. Costumes: Marianne Thériault. Maquillages: Jacques-Lee Pelletier. Éclairages: Guy Simard. Ensemble de la SMCQ, Quatuor à cordes Bozzini, Quatuor de saxophones Quasar, Ensemble de percussions Sixtrum. Dir.: Walter Boudreau. Au Monument-National. Première hier soir; reprises auj. et dem., 20 h.

Distribution:

Grégoire: François-Olivier Jean, ténor

L'Autorité: Marie-Annick Béliveau, mezzo-soprano

La Folie: Dion Mazerolle, baryton

Prométhée: Andrzej Stec, ténor

Mathilde: Rebecca Woodmass, soprano

L'Ignorance: Michiel Schrey, ténor

La Colère: Dorothéa Ventura, soprano




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