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Marie-Nicole Lemieux/Falstaff: un rôle bonbon, de Milan à Montréal

La contralto Marie-Nicole Lemieux, chanteuse lyrique québécoise la... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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La contralto Marie-Nicole Lemieux, chanteuse lyrique québécoise la plus renommée sur la scène internationale, est de retour à l'Opéra de Montréal pour la première fois depuis 2009. Elle retrouve le rôle de Mrs. Quickly dans Falstaff, de Verdi.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Caroline Rodgers

Collaboration spéciale

La Presse

Il n'est jamais trop tard pour bien faire: après Paris, Londres et Milan, ce sera enfin au tour de Montréal de découvrir la Mrs. Quickly de Marie-Nicole Lemieux. De retour à l'Opéra de Montréal pour la première fois depuis 2009, la contralto québécoise retrouve les habits familiers de cette joyeuse commère déjà incarnée par elle 50 fois dans Falstaff, de Verdi.

En janvier dernier, elle faisait ses débuts à la Scala de Milan dans ce rôle, partageant la scène avec Bryn Terfel et faisant la conquête du public milanais, réputé difficile.

«Mrs. Quickly, c'est mon rôle bonbon, dit-elle. C'est aussi le rôle idéal pour faire mon entrée dans les grandes maisons d'opéra. Il m'a beaucoup apporté. Grâce à Mrs. Quickly, j'ai fait mes débuts au Théâtre des Champs Élysées, à la Bastille, à Francfort, au Festival de Glyndebourne, à Covent Garden, au Staatsoper de Vienne, à Munich et à la Scala de Milan.»

Aujourd'hui la chanteuse lyrique québécoise la plus renommée sur la scène internationale, Marie-Nicole Lemieux est enchantée de personnifier enfin Quickly ici, chez elle. Elle restera d'ailleurs au Québec plusieurs mois, histoire d'être plus présente au moment où sa fille commence l'école.

«Mes parents vont enfin pouvoir me voir dans Falstaff, se réjouit la chanteuse. Cela fait des années qu'ils parlent de Mrs. Quickly sans l'avoir vue, sauf en DVD.»

De Shakespeare à Verdi

À partir du livret d'Arrigo Boito, basé sur Les joyeuses commères de Windsor, de Shakespeare, Verdi a composé l'un de ses rares opéras comiques.

«Oui, Falstaff est une comédie, mais avec un côté triste, dit Marie-Nicole Lemieux. Cela reste du Shakespeare. On regarde Falstaff, un homme qui, jadis, a été beau et jeune, vivre son déclin. C'est aussi un individu cultivé, un épicurien sans complexes, un humaniste de la vieille école, un homme de la petite noblesse qui vit la fin d'une époque, celle où il se voit obligé de quêter de l'argent aux riches de la nouvelle bourgeoisie.»

À l'écouter parler, on devine que la chanteuse a réfléchi sur l'oeuvre et approfondi son interprétation avec les années.

«Ma compréhension s'améliore au fil des mises en scène et des productions, dit-elle. Il faut comprendre le personnage de Falstaff pour trouver sa place dans l'histoire. Dans ce contexte, Mrs. Quickly est une sorte de messagère entre deux mondes, un fil conducteur entre les personnages. C'est une femme d'expérience, une femme brillante qui a du tact, qui a déjà vu pas mal de choses dans sa vie et qui a du recul face à la situation. Elle s'amuse beaucoup à travers toute l'intrigue.»

Partout où elle passe, Marie-Nicole Lemieux a d'ailleurs la réputation de jouer une Mrs. Quickly désopilante.

«C'est un rôle agréable et une musique extraordinaire. Falstaff est un chef-d'oeuvre absolu qui représente tout ce que j'aime dans l'opéra: c'est du théâtre musical. Si les chanteurs sont bons comédiens, c'est génial. Et s'il y a une chose à retenir, c'est que l'on doit vraiment y assister en personne, car c'est un opéra à voir bien davantage qu'à écouter sur disque.»

Raffinement

En effet, Falstaff n'est pas, comme Il Trovatore, construit autour d'airs virtuoses à la fin desquels tout s'arrête, le temps de laisser le public applaudir. La musique, plutôt continue, atteint cependant des sommets de raffinement. Une musique que Marie-Nicole Lemieux continue d'étudier à fond, comme en témoigne la partition chiffonnée et déchirée qu'elle traîne avec elle depuis des années. Elle dit même connaître l'opéra par coeur.

«C'est le dernier opéra de Verdi, qui avait 79 ans quand il l'a composé, dit-elle. Lui qui avait été si loin dans les tourments de l'âme humaine a décidé de se faire plaisir en écrivant une comédie. Quand je l'ai entendu pour la première fois, au Théâtre de la Monnaie avec José van Dam, j'ai été frappée par son humour, son esprit, sa jeunesse. Par moment, j'avais l'impression que le compositeur avait 16 ans! La force de Verdi, c'est de s'être toujours réinventé. La fin est superbe: une grande fugue à 10 voix, avec choeur. Finir son oeuvre de cette façon, c'est une leçon de vie magnifique.»

À ses côtés, on entendra notamment le baryton Oleg Bryjak (Falstaff), Gianna Corbisiero, Lauren Segal, Aline Kutan et Gregory Dahl, dans une mise en scène de l'Américain David Gately. Le chef italien Daniele Callegari dirigera l'Orchestre Métropolitain.

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Falstaff, Opéra de Montréal, 9, 12, 14 et 16 novembre, 19 h 30, Salle Wilfrid-Pelletier.




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