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Colin Carr: les deux extrêmes

Le violoncelliste Colin Carr.... (Photo : archives La Presse)

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Le violoncelliste Colin Carr.

Photo : archives La Presse

Claude Gingras
La Presse

En moins de deux heures, Colin Carr nous a fait passer d'un extrême à l'autre. Réinvité cette année au Festival de musique de chambre de son collègue et ami Denis Brott, le violoncelliste britannique de 55 ans a d'abord piétiné dans l'Arpeggione de Schubert : début plus ou moins juste, absence de nette différenciation entre ce qui est une croche et ce qui est une double croche, petits grincements en cours de route et, comme toute expression, recours à un long rallentando non indiqué en conclusion du mouvement lent.

La situation s'améliore légèrement dans la Sonate de Rachmaninov, bien que, là comme dans le Schubert, on ne regrette aucunement que M. Carr ignore la reprise au premier mouvement. Lui et son pianiste effleurent le côté diabolique du Scherzo et le violoncelliste prend beaucoup de temps à faire chanter son instrument au mouvement lent. Un vrai dialogue s'établit finalement entre les deux, une certaine atmosphère s'installe, et tout se termine d'une manière convaincante. Mais l'attente fut bien longue.

Revirement complet de situation après l'entracte. Seul en scène avec son Matteo Goffriller de 1730, sans piano, sans partition, Colin Carr s'engage dans cette aventure qui est à la fois le rêve et le cauchemar de tous les violoncellistes : la Sonate de Kodaly. L'oeuvre très longue - 30 minutes cette fois-ci -- adopte le principe de la «scordatura», c'est-à-dire que les deux cordes graves sont abaissées d'un demi-ton, pour l'obtention d'accords et de sons inhabituels. Résultat : le violoncelle semble s'accompagner lui-même tout en composant une sorte de fascinant kaléidoscope sonore.

M. Carr a traversé la terrifiante partition d'une façon absolument magistrale. Tout ce qu'indique Kodaly, et jusqu'au moindre petit glissando, fut rendu avec une scrupuleuse exactitude et, toujours, avec musicalité et imagination. Détail non négligeable : il a donné l'oeuvre dans son absolue intégralité, alors que d'autres, y compris Janos Starker, y font des coupures.

COLIN CARR, violoncelliste, et THOMAS SAUER, pianiste. Samedi soir, St. George's Anglican Church. Dans le cadre du 18e Festival de musique de chambre de Montréal.

Programme :

Sonate en la mineur (Arpeggione), D. 821 (1824) - Schubert

Sonate en sol mineur, op. 19 (1901) - Rachmaninov

Sonate op. 8 (1915) - Kodaly




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