Il n'a peut-être que 15 ans, mais Xiaoyu Liu ne badine pas avec le piano. Le lauréat de la dernière édition du concours OSM Standard Life, qui fera ses débuts avec l'OSM dimanche sous la direction de Jean-François Rivest, s'exerce à son instrument de quatre à cinq heures par jour.

Publié le 6 avr. 2013
Caroline Rodgers LA PRESSE

Très discipliné, le jeune Montréalais d'origine chinoise nage également chaque jour pour se tenir en forme. Il est étudiant en secondaire 4 au programme Art-Études du Collège de Montréal.

Enfant unique, né en France, il a déménagé à Montréal avec ses parents à l'âge de 6 ans. Un an plus tard, il a commencé le piano d'abord pour le plaisir, comme bien des enfants.

«Il n'y avait pas de musiciens dans ma famille, mais mon père est artiste-peintre, dit-il. C'est sans doute ce qui m'a rendu sensible aux arts. Quand j'ai commencé, je ne pensais pas devenir pianiste. J'aimais aussi beaucoup peindre. Je me suis passionné pour la musique graduellement. C'est quand j'ai commencé à participer à des concours que je suis devenu plus déterminé à faire carrière. Maintenant, c'est vraiment un rêve pour moi de devenir pianiste de concert.»

Il y a deux ans, il devenait l'élève de Richard Raymond au Conservatoire de musique de Montréal. En juillet dernier, il participait pour la première fois à un concours international, le Cooper International Competition du Conservatoire Oberlin, aux États-Unis, et remportait la médaille d'argent. En finale, il jouait le Concerto no 2 de Rachmaninov avec le Cleveland Orchestra, sa première expérience avec un orchestre symphonique.

C'est avec cette même oeuvre qu'il fait ses débuts avec l'OSM, dimanche, privilège réservé au grand gagnant du Concours OSM Standard Life. À ce prix s'ajoutent une bourse de 10 000$, d'autres concerts à travers le Canada, une tournée en Amérique latine avec le YOA Orchestra of the Americas et un enregistrement dans les studios de Radio-Canada. Le concert de dimanche sera également diffusé en direct sur Espace Musique.

«Le 1er avril, c'était le 140e anniversaire de Rachmaninov, dit-il. Je suis vraiment content de jouer son concerto à la Maison symphonique tout juste une semaine plus tard. Le défi avec cette oeuvre, c'est d'apporter mon style personnel, comme pianiste, en respectant les idées du compositeur. Avant d'écrire ce concerto, Rachmaninov avait reçu de mauvaises critiques pour sa première symphonie et il a fait une dépression. C'est la première oeuvre qu'il a écrite après sa guérison, et on peut sentir un côté sombre dans sa musique. C'est difficile pour un jeune de mon âge de comprendre la culture d'un homme de cette époque et la culture russe.»

Mais à voir à quel point le succès lui sourit, on se doute bien qu'il comprend mieux cette musique qu'il le croit!

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Xiaoyu Liu, OSM, 7 avril, 14h30, Maison symphonique de Montréal.