Le petit ensemble de musique ancienne Les Boréades, que dirige le flûtiste Francis Colpron, ouvrait sa 15e saison avec un programme Bach qui avait attiré une bonne salle, soit environ 200 personnes, hier soir à Bon-Secours.

Publié le 19 nov. 2010
Claude Gingras LA PRESSE

Le programme était centré sur Karina Gauvin. Telle une reine au milieu de ses sujets, la blonde et souriante chanteuse remplit l'espace de sa voix rayonnante et nous valut les meilleurs moments de la soirée.

 

Son premier choix avait cependant de quoi surprendre : la Cantate BWV 82, Ich habe genug, toujours chantée par un baryton ou une basse. Mme Gauvin proposait la très rare version pour soprano, encore qu'elle n'en retint qu'un air et son récitatif.

On l'entendit par après dans deux oeuvres complètes : la joyeuse Cantate nuptiale BWV 202, qui fait partie des cantates profanes de Bach, et Non sa che sia dolore, BWV  209, une cantate italienne de départ à l'authenticité douteuse.

Mme Gauvin rendit avec justesse ces deux oeuvres contrastantes, malgré un accompagnement imparfait.

Quelque peu décousu, ce programme. Avant les extraits (!) de la Cantate no 82, les musiciens offraient un seul des trois mouvements du Concerto pour hautbois d'amour BWV 1055a et l'unique sinfonia d'entrée de la Cantate BWV 156.

La plupart de nos musiciens spécialisés en baroque circulent d'un groupe à un autre; on les retrouve de concert en concert, y compris aux Boréades. Ce concert marquait cependant les adieux de la violoniste Hélène Plouffe, qui quitte le monde musical pour oeuvrer dans le secteur hospitalier.

M. Colpron, qui jouait de sa flûte traversière baroque avec ses musiciens, nous imposa la Sonate BWV 1034 dans un jeu sans musicalité et une sonorité éteinte.

Ovationnée, Karina Gauvin ajouta un Purcell, Strike the Viol, et un air de Rinaldo de Handel.

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LES BORÉADES. Soliste: Karina Gauvin, soprano. Hier soir, Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours.

Programme consacré à J. S. Bach.