Luc Beauséjour consacrait à Bach le dernier programme de la série «Clavecin en concert» qu'il anime à Bon-Secours et, chose normale, s'était réservé le premier rôle, tenant le clavecin dans quatre oeuvres sur quatre. Il dédia la soirée à la mémoire du père Fernand Lindsay, qui guida ses premiers pas de musicien, y allant même d'une sympathique imitation du disparu.

Claude Gingras LA PRESSE

Trois concertos - les quatrième et cinquième Brandebourgeois et le BWV 1058 pour clavecin - retrouvaient leur couleur originale dans cette lecture sur instruments dits «d'époque» et à un seul exécutant par partie. Si les flûtes à bec des musiciens de rue nous cassent habituellement les oreilles, elles deviennent baume avec Bach et les professionnels Francis Colpron et Femke Bergsa dans le quatrième Brandebourgeois, dont le dernier mouvement fut bissé à la fin.

 

Même retour à la flûte authentique pour le cinquième Brandebourgeois: la traversière de Grégoire Jeay. En fait, tous les participants furent exemplaires et plus particulièrement l'héroïque Hélène Plouffe, qui remplaçait au pied levé la violoniste annoncée.

Du même cinquième Brandebourgeois, Beauséjour joua la fameuse cadence de 65 mesures sans réel problème et même avec un brin d'humour. Intéressante, aussi, sa Suite française en sol, BWV 816: contraste de couleur entre les deux claviers, reprises ornementées, appel du jeu de luth.

CLAVECIN EN CONCERT. Programme J. S. Bach. Vendredi soir, Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours.