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Hindemith fait la soirée

Claude Gingras
La Presse

Alain Cazes consacrait à Hindemith la moitié du dernier concert de la Symphonie d'instruments à vent de McGill, et plus particulièrement à deux oeuvres difficiles d'exécution et d'écoute mais non dépourvues d'un certain humour: le Concerto pour alto Der Schwanendreher, basé sur des airs folkloriques anciens, et la Symphonie en si bémol pour harmonie de concert.

Le titre du concerto évoque le «tourneur de cygne» jadis chargé de rôtir les viandes à la broche. Bien que le personnage n'apparaisse qu'au troisième et dernier mouvement, Hindemith a donné son nom au concerto entier. Peu importe. Le héros, ici, est un ménétrier qui évolue en joyeuse compagnie et Frédéric Lambert, l'altiste du Quatuor Molinari, joua son rôle avec beaucoup de naturel, une grande solidité technique et une superbe sonorité. Exploit additionnel: il avait mémorisé la lourde partie soliste. L'orchestre réduit comporte quatre violoncelles, trois contrebasses et une harpe, tous ajoutés ici à la formation essentiellement composée de bois, cuivres et percussions.

 

La formation au grand complet, soit environ 60 musiciens, était réunie en fin de concert pour la Symphonie en si bémol, également en trois mouvements. La partition de 94 pages se présente comme une dense forêt de notes qu'Alain Cazes et sa jeune troupe traversèrent avec brio, aussi bien dans les puissants unissons, les notes répétées et les trilles que dans les lignes de la fugue finale. Pour des raisons d'ordre pratique, les quatre parties de cornet étaient jouées par des trompettes.

Coïncidence, nous possédons des enregistrements de ces deux oeuvres réalisés par Hindemith lui-même. Altiste, il grava Der Schwanendreher en 1939; chef d'orchestre, il signa en 1957 une version de la Symphonie avec le Philharmonia de Londres. Les notes de programme le donnaient comme chef à la création du concerto, en 1935, ce qui est faux: il était soliste et le chef était Mengelberg.

Mardi soir, la Symphonie était précédée d'une présentation plutôt inutile, en anglais seulement, par une étudiante au débit trop rapide et à la voix nasillarde.

En début de concert: une pièce très bruyante de l'Italo-Américain Vincent Persichetti. Après l'entracte: une pièce plus bruyante encore, du très obscur Francis McBeth, pour laquelle M. Cazes avait invité un jeune chef, Vicky Shin, au sens rythmique tout à fait remarquable.

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McGILL WIND SYMPHONY/SYMPHONIE D'INSTRUMENTS À VENT DE McGILL. Dir. Alain Cazes. Soliste: Frédéric Lambert, altiste. Mardi soir, Pollack Hall de l'Université McGill. Programme: Masquerade, op. 102 (1965) - Persichetti Der Schwanendreher, pour alto et petit orchestre (1935) - Hindemith Through Countless Halls of Air, op. 84 (1994) - McBeth Symphonie en si bémol majeur (1951) - Hindemith.

 




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