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Le Gala de l'Opéra se raffine

L'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal et le Choeur... (Photo: André Tremblay, La Presse)

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L'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal et le Choeur de l'Opéra de Montréal, dirigés par le chef américain Paul Nadler, hier après-midi. Pierre Charbonneau (dont on voit le portrait au centre) était intronisé au Panthéon canadien de l'art lyrique.

Photo: André Tremblay, La Presse

Claude Gingras
La Presse

Le Gala-bénéfice de l'Opéra de Montréal se raffine. Au lieu de rassembler, comme cela s'est vu depuis la création de l'événement en 1996, jusqu'à trois douzaines de chanteurs au sein desquels on comptait beaucoup de bois mort, les organisateurs se maintiennent, depuis trois ans, à une vingtaine de participants et obtiennent ainsi une meilleure moyenne.

Après les inévitables désistements de dernière heure, le nombre de chanteurs a été le même en 2006, en 2007 et cette année, soit 19. En effet, on en annonçait 20 pour le 13e Gala, hier après-midi, salle Wilfrid-Pelletier; il en est venu 19. Le détail: huit du Canada, six des États-Unis, et un de chacun des pays suivants: Corée, Porto Rico, Roumanie, Russie.

 

Le bilan: pas de mauvais chanteurs, mais majoritairement des sujets qui illustrent simplement l'état actuel de l'art vocal dans le monde. C'est-à-dire: de grandes voix ici, de belles voix là, mais sans personnalité et sans style.

Deux exceptions confirment la règle: Valerian Ruminski, basse russe, et Ryan McKinny, baryton américain. Tous deux sont de niveau professionnel.

Ruminski a rendu le long et triste monologue de Philippe II, de Don Carlo de Verdi, avec une gravité d'accent et une voix bien ronde, profonde et sonore qui traversait la salle. Seul nuage: le solo de violoncelle, plutôt mal joué.

McKinny est venu deux fois: pour le duo de Don Juan avec Zerlina et pour le fameux Air du toréador. Mozart et Bizet. Deux mondes bien différents, où il fut impressionnant à tous égards: voix, timbre, intelligence musicale, projection, présence. Et son français était impeccable.

Cinq de Montréal

Cinq Montréalais étaient au programme. Il faut bien le reconnaître, Marc Hervieux a secoué la salle et obtenu la plus grande ovation de la journée avec un Air de la fleur de Carmen à l'intensité brûlante et à l'aigu extrêmement puissant. Étienne Dupuis, belle voix de baryton et belle tenue en scène, a incarné un convaincant Rodrigo de Don Carlo, porteur de mauvaises nouvelles. Très en voix - de soprano léger -, Pascale Beaudin a bien joué encore une fois les Natalie Dessay. Marie-Josée Lord a apporté la voix charnue et le timbre sombre d'un grand spinto au personnage d'Adrienne Lecouvreur. Elle est revenue pour un air de Starmania que l'OdM monte en mars. Le parolier Luc Plamondon présidait le concert d'hier.

Le cinquième sujet local, Annamaria Popescu, a produit de belles notes graves dans un Rossini par ailleurs ennuyeux comme un jour de pluie.

Quelques retours

Déjà vus et entendus sur scène à l'OdM, quelques chanteurs y revenaient pour ce «bénéfice». John Mac Master a pris un risque, Nessun dorma, et s'y est défendu très honorablement. Susan Neves semble avoir atteint ses limites. Pourtant, avec sa grande voix, elle pourrait être une nouvelle Milanov. Theodore Baerg a chanté l'air de Germont en chevrotant quelque peu. Mais il a du métier.

Stephen Hegedus, membre de l'Atelier lyrique de l'OdM, a révélé une vraie voix de basse et un talent scénique naturel. Peu à dire sur les autres. Bryan Griffin: voix trop grosse pour ce Donizetti d'ailleurs chanté faux, mais assez étendue et plus juste en Duc de Mantoue. Young-Bok Kim, de Corée: basse solide mais sans souplesse. Lisette Oropesa: beaucoup de virtuosité, mais la voix n'est pas belle. Irina Rindzuner: les défauts de la voix slave, mais non les qualités. Eugene Brancoveanu, baryton roumain: une certaine émotion dans la voix, mais du travail à faire. Rafael Davila: grosse voix, mais ne sait pas chanter.

Comme l'an dernier, le chef américain Paul Nadler dirigeait l'Orchestre Métropolitain et le Choeur de l'OdM, excellents tous les deux. Et, comme l'an dernier et les années précédentes, on se quittait sur le White Christmas chanté par tous, y compris la foule - hier, 2573 personnes - sous les confettis tombant du plafond.

La personnalité intronisée cette année au Panthéon canadien de l'Art lyrique était Pierre Charbonneau, dont les prestations de basse bouffe n'ont jamais été égalées. Son témoignage au micro fut très émouvant.

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13e GALA DE L'OPÉRA DE MONTRÉAL. Hier après-midi, salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

 




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