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L'«endormitoire» de Jorane

«Ce n'est pas un disque qui s'écoute avec... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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«Ce n'est pas un disque qui s'écoute avec la tête, mais avec le corps », dit la chanteuse Jorane de son nouvel album.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Avertissement: le nouveau disque de Jorane peut provoquer la somnolence, ne s'inscrit dans aucune mode et présente un faible risque de dépendance. Et c'est tant mieux ainsi. «Si quelqu'un s'endort en écoutant mon disque, c'est réussi, assure la musicienne. Il est parfait pour la méditation ou les dernières gorgées de vin rouge à la fin d'une soirée entre amis.»

Après L'instant aimé, disque passionnel et coloré, puis l'élaboration de la trame sonore épique du long métrage Louis Cyr, la violoncelliste iconoclaste avait envie de calme et de plénitude. Jorane évoque un «retour aux sources» avant de se raviser, agacée pas ce «cliché» galvaudé par les artistes qui renouent avec la simplicité. «Disons plutôt qu'il s'agit d'une démarche non diluée, instinctive», corrige-t-elle.

Pont vers l' «endormitoire», Mélopée tranche avec la charmante «verbomotrice» qui bringuebale sur sa chaise derrière la vitre du Pourquoi Pas Espresso. La conversation bifurque sans cesse, au gré d'un mot évocateur, d'une musique trop forte, d'une idée inopinée ou d'une diversion, rue Amherst.

Cette fougue et cette spontanéité sont à l'image d'une carrière en zigzag, qui a permis à Jorane d'explorer autant le monde du théâtre (Albertine en cinq temps), du cinéma (Louis Cyr) que celui de la danse (EMMAC Terre marine, aux côtés de Richard Desjardins).

«Lorsque je travaille sur le projet d'un autre, je m'abandonne complètement à sa vision. Il faut avoir confiance en soi et en l'autre pour pouvoir dépasser ses limites», laisse savoir Jorane.

Mélopée était cette pause nécessaire - ou plutôt ces petites pauses à la suite de son accouchement - pendant laquelle la maman de jumeaux pouvait s'abandonner à ses états d'âme, éclairée par sa harpe, son violoncelle et sa voix, possiblement son plus précieux instrument.

Musique pour le corps

Peut-on parler d'une langue inventée? Plutôt d'un fin collage de sons, qui ouvrent la porte à des émotions plutôt qu'à des idées. «Ce n'est pas un disque qui s'écoute avec la tête, mais avec le corps. On a besoin d'aménager cette petite place à l'intérieur de soi comme on le fait pour sa maison», dit Jorane, qui pratique la méditation et le yoga sans en faire une religion.

Chose certaine: elle a cette fois abandonné la chanson, les relectures et les orchestrations au profit d'un univers évanescent où surgissent des réminiscences de 16 mm, disque sur lequel la compositrice a posé les premières pierres de l'élocution «joranienne». «Ce disque-là est une rencontre entre l'artisan, qui cherche l'utile - dans mon cas, la détente - et l'artiste, qui suit son imagination», constate-t-elle après coup.

La collection de titres, qui coulent comme un long fleuve tranquille, a ensuite été sobrement masterisée par son amoureux et le père de ses enfants, le musicien Éloi Painchaud.

Au fil de l'opus: quatre Mélopées - ni tristes ni heureuses selon la définition qu'en fait Jorane - , des évocations de la mer et des titres intrigants comme Film VII ou Haiku II. «Simplement parce que j'ai décidé de ne pas mettre les versions antérieures sur le disque», explique-t-elle.

Le marketing autour de l'album sera fidèle à la «zénitude» qui plane sur les 11 pièces, alors que plusieurs marques associées au «bien-être» ont voulu soutenir la belle. Le 5 août, date du lancement, les médias sont conviés à une séance de yoga musical, qui sera animée par la fondatrice de Monyogavirtuel.com, Annie Langlois. Quatre jours plus tard, la musicienne déroulera le tapis sur le quai Jacques-Cartier pour le Löle White Tour, avant d'égayer de sa musique une séance de yoga matinal le 25 août à l'occasion du Festival Mode&Design.

«C'est un secteur où je sens que la philosophie des entreprises est différente, apporte de bonnes vibrations», souligne Jorane.

Guerres et paix

La calme qui émane de Mélopée sera bientôt basculé par les affres de la guerre. Lorraine Pintal a confié à Jorane la musique de l'adaptation théâtrale du Journal d'Anne Frank, récit d'une jeune Allemande juive exilée aux Pays-Bas pendant l'occupation nazie.

Une autre guerre, pas mal plus lumineuse, accaparera Jorane d'ici là. Son conjoint et elle sont à composer la bande sonore du film d'animation La guerre des tuques 3D, où plusieurs interprètes seront mis à contribution. «Bien sûr, il y aura L'amour a pris son temps», assure-t-elle en souriant. Un titre qui colle d'ailleurs drôlement bien à son nouveau projet.

Si Mélopée peut causer la somnolence, une heure avec Jorane a l'effet inverse, tellement chacun de ses projets réveille sa passion pour la musique. Et la nôtre.

INSTRUMENTAL

Jorane

Mélopée

La meute




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