L'album Des histoires de fantômes est sorti au coeur de l'hiver dernier, après quoi Hôtel Morphée s'est fondu dans la nature sans que La Presse ne puisse y réserver sa chambre. La chance nous sourit, revoilà le quartette montréalais à Montréal afin de conclure un chapitre: dès l'aube de 2014, le groupe s'enfermera en studio afin d'y créer son deuxième album. Ce soir, cependant, la Sala Rossa se transforme en Hôtel Morphée. D'abord et avant tout, s'impose une brève présentation du personnel de l'Hôtel.

Alain Brunet LA PRESSE

- Laurence Nerbonne est diplômée en communication et en gestion des arts. Elle a fait 15 ans de violon, joue de la guitare et chante depuis qu'elle bosse avec les mecs d'Hôtel Morphée, c'est-à-dire il y a cinq ans.

- Blaise Borboën-Léonard joue le violon, l'alto, les claviers, les percussions. Il a été formé en composition au Conservatoire de musique de Montréal.

- André Pelletier joue la guitare, le banjo et chante. Il a étudié la guitare jazz au cégep de Saint-Laurent.

- Stéphane Lemieux a appris le tuba à l'école secondaire, mais a amorcé des études universitaires en philosophie. Il joue la batterie et les percussions.

- Martin Lamontagne se joint au groupe pour le spectacle montréalais, il joue la basse.

Laurence Nerbonne et Stéphane Lemieux se présentent devant leur client de La Presse, pour l'interview qui suit :

Q: À ce jour, quelles sont les intentions musicales d'Hôtel Morphée?

Stéphane Lemieux: Il y a beaucoup d'influences au sein du groupe. Musiques sur lesquelles on peut ne pas tous s'entendre, d'ailleurs. Nous voulons donc faire la musique que nous voulons tous entendre, avec laquelle nous sommes tous en accord. On cherche tout le temps, on travaille quotidiennement.

Laurence Nerbonne: Nous ne faisons pas de l'indie, en tout cas. On ne peut vraiment étiqueter notre musique. C'est le centre de notre vie, nous n'avons pas de recul. On fait ce qu'on fait. Blaise et moi, par exemple, nous entendons pour dépasser les arrangements classiques pour cordes dans un contexte pop. Nous essayons de pousser notre jeu à l'extrême.

Stéphane Lemieux: Pour ce qui est de la batterie, son rôle est de soutenir les chansons. Il faut créer une sorte de confort accrocheur dans le rythme, sans que la percussion prédomine.

Q: Racontez aux clients de l'Hôtel comment votre son s'est construit.

S: Le band était plus acoustique au départ. Guitares sèches, violons... puis André est arrivé avec la guitare électrique. Il a amené l'électricité, il a allumé les lumières! Ça a fait mon affaire car je suis plus un batteur de puissance que de subtilité. Enfin... nous étions tous contents, car nous aimons le rock et la pop. Ainsi, le groupe est devenu plus rock, plus pop, il joue plus fort aujourd'hui. Nous pouvons mélanger l'acoustique, l'électronique et l'acoustique. Les choses se sont aussi simplifiées; notre jeu est devenu plus fluide, le texte est davantage mis en valeur.

L: Nous nous cachons moins derrière les arrangements, les mélodies sont plus travaillées. Nous nous concentrons sur le corps de la chanson. À la base, nous voulons faire de la musique pop. Nous tendons tous vers ça, sans ignorer nos racines qui sont aussi classiques et jazz. De plus, Blaise et moi sommes fans d'électro. Les arrangements se créent donc au quotidien, ça ne cesse de se mélanger, mais ça reste pop. Lorsqu'on fait des chansons, il y a des limites à l'exploration instrumentale. Nous ne prétendons pas faire autre chose que de la chanson pop avec un souci d'exploration.

Q: Votre son sur scène s'est-il transformé?

L: Nous formons un jeune groupe, ça prend des années pour prendre du galon, perfectionner le son, s'habituer à jouer ensemble.

S: Depuis la sortie de l'album, nous avons donné une soixantaine de spectacles. En plus des dates québécoises, nous avons fait le South By Southwest, nous avons aussi joué en Ontario.

Q: Comment les textes ont-ils pris forme à l'Hôtel Morphée?

L: J'ai commencé à les écrire lorsque je me suis trouvée dans ce groupe. Pas le choix! Depuis, c'est devenu pour moi un devoir quotidien que d'écrire et de lire de la poésie et des textes de chansons. Je sais maintenant que la langue française impose des formes spécifiques dans les structures mélodiques et harmoniques d'une chanson. À ce titre, d'ailleurs, le Québec est en transition: nous provenons d'une culture de chanson française, plusieurs d'entre nous essaient aujourd'hui de faire de la musique originale, ce qui est une autre paire de manches. Parfois, donc, il faut laisser tomber un peu de poésie... ou le contraire, c'est-à-dire accepter qu'un texte plus dense soit accompagné par des musiques moins poussées. Ça ne me décourage pas du tout, c'est un super défi.

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Hôtel Morphée se produit ce soir, 20 h 30, à la Sala Rossa. Le groupe sera précédé de Dear Criminals.