«J'ai besoin d'être active», explique Agnès Jaoui à propos de son rythme trépidant. Elle multiplie en effet les activités.

Mis à jour le 20 févr. 2010
Marie-Christine Blais LA PRESSE

Le chant

«En plus du spectacle avec el Quintet, je donne de plus en plus de spectacles en musique classique.» En effet, ils sont six solistes à interpréter du baroque sur scène, que ce soit des cantates de Bach, du Handel, du Monteverdi. «J'ai gardé cela longtemps privé; maintenant, je m'en fous de ce que les autres en pensent, j'ai envie de chanter et je chante», explique l'artiste de 45 ans.

 

Le théâtre

Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui ont écrit deux pièces de théâtre dans les années 80, Cuisine et dépendances et Un air de famille (toutes deux portées à l'écran). Or, elles sont encore montées régulièrement sur scène: «C'est un hyper plaisir, ça me touche énormément, chaque fois, dit-elle. Juste imaginer que, dans de tout petits villages de France, on écoute encore nos mots, c'est un bonheur...»

Le cinéma

Son compagnon et coscénariste, Jean-Pierre Bacri, est actuellement en tournage pendant trois semaines. Mais à son retour, tous deux se remettront à travailler à leur prochain scénario. «Non, ça ne sera pas une comédie musicale, parce que Jean-Pierre en a un peu moins envie que moi (rires). En fait, on en est encore à l'étape du développement, mais ça vient, ça vient... Dans mes films, j'adore décrypter les rapports de force, qui s'expriment toujours dans les petits détails, vous remarquerez - et puis, ça me soulage de pouvoir dire ce que j'en pense!» Il y a quelques semaines, elle a eu l'occasion d'inaugurer une petite salle de cinéma à Fumel, dans le Lot-et-Garonne, baptisée... salle Agnès Jaoui! «Sur le coup, je me suis dit, ça y est, je suis un peu morte, commente-t-elle en riant. Et puis, rendue sur place, j'avais l'impression d'être dans un film, de jouer un rôle, les gens étaient trop mignons, c'était adorable et tellement gentil! Et puis, c'est tout petit, c'est parfait!»

L'engagement social

Agnès Jaoui défend plusieurs causes, et actuellement, c'est le sort des travailleurs sans papier en France qui l'indigne. «C'est la dernière forme d'esclavage, c'est une telle hypocrisie. Plus ça va, plus on crée des ghettos de riches, qui m'angoissent autant que les ghettos de pauvres, que ce soit au Brésil ou ici, à Paris, sur l'île Saint-Louis, par exemple, avec des barricades, des gardes du corps. La notoriété a des inconvénients et quelques avantages, notamment celui de pouvoir m'exprimer à la place de ceux qui n'en ont pas le droit, les moyens. Ça me rend malheureuse d'être heureuse toute seule: on ne peut pas ne rien faire devant de telles choses, on ne peut tout simplement pas, voilà.»