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Patricia Kaas: un kabaret avec des sons d'aujourd'hui

Patricia Kaas... (Photo fournie par Solve Sundsbo)

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Patricia Kaas

Photo fournie par Solve Sundsbo

Une vingtaine d'années après ses débuts fulgurants, Patricia Kaas fait un retour aux sources. Dans son album et son spectacle Kabaret, qu'on verra peut-être en janvier 2010, elle donne un coup de chapeau à une période qui l'inspire beaucoup: les années 30 et 40.

Patricia Kaas n'avait pas en tête de faire un album qui ressuscite l'époque du cabaret, le concept s'est imposé de lui-même, m'explique-t-elle au téléphone avant de s'envoler pour la Finlande où elle poursuit sa tournée européenne.

 

«J'ai écouté plein de musique à droite et à gauche, et une des premières chansons choisies, en allemand, est devenue La chance jamais ne dure, se souvient-elle. Après avoir trouvé deux ou trois autres chansons un peu dans cet esprit, j'ai su que mon album allait évoquer l'ambiance cabaret, mais surtout l'avant et l'après-guerre à Berlin. Puis on s'est rendu compte assez rapidement que dans les années 30, il y avait aussi le jazz à Saint-Germain, le tango à Buenos Aires... Ça me permettait de survoler ces ambiances un peu différentes. Faire un album cabaret cliché, ç'aurait pu être un concept. Mais j'avais surtout envie de l'ambiance des années 30, ce côté enfumé, ce côté glauque. Et ses héroïnes aussi, des femmes fatales qui étaient arrogantes parce que c'était aussi une façon d'être respectées à l'époque, qui montraient leur côté masculin et qui n'avaient pas peur de parler d'érotisme (Suzy Solidor, Martha Graham, Greta Garbo, Coco Chanel, Anaïs Nin).»

Pour éviter le piège du cliché justement, Patricia Kaas a voulu recréer cette ambiance «noir et blanc» avec des sons d'aujourd'hui et de nouveaux collaborateurs. Parmi ceux-ci, on retrouve Brifo, un complice du groupe helvético-franco-argentin Gotan Project, qui mêle tango et musique électronique. Ce nouveau complice, dont elle dit qu'il est un peu le réalisateur de son album, a fait toutes les prises de voix, seul avec la chanteuse. «Il connaissait Mon mec à moi, mais pas beaucoup mon répertoire, ce qui était bien parce qu'il me donnait un avis complètement neutre, dit-elle. Comme je voulais trois ambiances différentes - le cabaret berlinois, le jazz parisien et le tango de Buenos Aires -, il me fallait quelqu'un qui était un peu dans cet esprit. J'ai toujours aimé les Gotan Project et il a travaillé avec eux. Je l'ai rencontré et il a tout de suite compris ce dont je parlais.»

Michel Cusson

Elle a aussi fait appel au musicien, compositeur et réalisateur québécois Michel Cusson, à qui elle a confié la chanson-titre Kabaret. «C'était vraiment au tout début et je ne savais pas que j'allais faire un album cabaret, se souvient-elle. J'avais beaucoup aimé le disque de Térez Montcalm, son ambiance un peu live, un peu roots. J'y ai vu le nom de Michel Cusson, on l'a contacté et il est venu. On voulait faire l'album entièrement avec lui mais avec la distance, c'était assez compliqué. En plus, j'avais sélectionné des chansons comme La chance jamais ne dure et Faites entrer les clowns, ce n'était pas trop son style à lui. On a fait pas mal de maquettes ensemble, mais si jamais j'avais dû faire l'album avec lui, ç'aurait été beaucoup plus simple de le faire à Montréal. Tout était flou à l'époque.»

Plus personnelle encore, il y a la chanson Une dernière fois, la toute première qu'elle coécrit en carrière, et qui parle de l'anniversaire du décès de sa mère, le 16 mai. Ce jour-là, Patricia Kaas représentera la France au concours Eurovision. Elle y chantera un extrait de Kabaret intitulé Et s'il fallait le faire.

«Je trouve ça plutôt flatteur qu'on me donne ce titre d'ambassadrice de la chanson française, parce que ça fait quand même plus de 20 ans que j'amène ma musique à travers le monde, dit-elle. Et puis, il y a plein de petites coïncidences: c'est à Moscou - où elle a reçu en décembre 2008 un prix pour l'ensemble de sa carrière, prix jusque-là réservé aux artistes russes -, c'est dans la salle où j'ai chanté pour la première fois en Russie, et ça coïncide avec le 20e anniversaire du décès de ma maman. Et puis j'aime les défis, je fais moins attention à l'avis des autres. Je n'ai rien à perdre, j'ai 22 ans de carrière, j'ai eu des albums qui ont bien sûr eu moins de succès que d'autres, mais aujourd'hui, tout le monde parle de Kabaret et du succès de mon spectacle.»

Patricia Kaas a donné tout près de 80 représentations de ce spectacle, dans lequel il y a des projections et une danseuse contemporaine. Pour le monter, elle a recruté des créateurs du milieu de l'opéra et du théâtre, dont le chorégraphe Régis Obadia et deux collaborateurs du metteur en scène Bob Wilson, au décor et aux éclairages.

«C'est génial parce que ces gens s'intéressent très rarement à la variété, dit Patricia Kaas. Ça me motive et ça me donne envie d'aller encore plus loin. Dans mon spectacle, il y a des touches un peu intello, un peu avant-garde, mais tout en restant proche des gens, parce que je suis une fille du peuple et que ce sont des images qui m'ont touchée, des mots qui m'ont parlé.»

Les négociations sont en cours avec le Groupe Spectacles Gillett pour présenter Kabaret à Montréal en janvier 2010, nous apprend le producteur québécois Raymond Du Berger, des Disques Artic, qui a aussi acquis les droits sur le CD et le DVD du spectacle, enregistrés au Casino de Paris en janvier dernier.

 




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