Sorti des rangs de l'armée britannique pour intégrer ceux de la colonie artistique, James Blunt aborde la vie de tournée comme une mission militaire: une journée à la fois. Près de deux semaines avant ses spectacles à Montréal et à Québec, deux des escales d'une tournée mondiale de 14 mois, l'auteur-compositeur se dit impatient de rencontrer ses fans mais garde les yeux rivés sur son objectif: une pause bien méritée en mars 2009!

Kathleen Lavoie LE SOLEIL

Depuis la parution de Back to Bedlam il y a quatre ans, James Blunt fait partie de la culture pop internationale. D'une part, le public féminin a adopté sans réserve la musique aussi sensible qu'inclassable de l'artiste. D'autre part, les tabloïds ont trouvé matière à alimenter leurs pages avec ce chanteur de 34 ans qui habite l'île touristique d'Ibiza, dans les Baléares, qui fraie avec les vedettes et qui multiplie les relations amoureuses fort médiatisées (notamment avec le mannequin Petra Nemcova).

 

Depuis quelque temps, la vie de James Blunt est pourtant loin de ressembler au portrait qu'en fait la presse people. Avec un horaire de tournée qui ne lui donne aucun répit, l'ancien militaire ne vit et ne respire que pour la musique. Mais loin de lui l'idée de s'en plaindre. Avec deux albums bien reçus et une tournée qui remplit les arénas chaque soir, il est parmi les privilégiés du monde du spectacle. Et il le sait. C'est pourquoi il préfère voir la vie de tournée comme une grande aventure plutôt qu'une obligation.

«Ce n'est pas aussi dur qu'on pourrait le croire. Vivre dans un autocar de tournée avec 10 hommes, c'est un peu comme partir en expédition. Et puis, nous rencontrons des personnes formidables tous les soirs!» s'enthousiasme-t-il en entrevue.

Qualité universelle

Le répertoire du chanteur touche la cible depuis le début de sa série de spectacles il y a un peu moins d'un an. James Blunt se réjouit que sa musique possède cette qualité universelle.

«Peu importe la langue parlée, le public semble connecter avec ce que je raconte. Il y a trois ans, lors d'un concert au Kosovo, il y avait des Serbes et des Arméniens dans la salle. Pendant une heure et demie, ils se sont côtoyés, ce qui aurait été impensable autrement. C'était formidable à voir.»

Aux yeux du musicien, le plus grand défi de cette tournée, c'est d'arriver à créer un contact personnel avec les spectateurs et de maintenir leur intérêt, malgré un répertoire composé de ballades et la taille des salles visitées. Heureusement, All the Lost Souls, son plus récent album, met à sa disposition un matériel un peu plus enlevant, ce qui renforce sa proposition scénique.

«Lors de l'enregistrement du premier album, il n'y avait qu'un réalisateur et moi. Pour le deuxième album, il m'a paru naturel d'intégrer à ce processus le groupe qui m'accompagne en spectacle. Cela explique que mes nouvelles chansons soient plus rythmées «, a-t-il fait savoir.

Qui plus est, l'album fait un clin d'oeil à quelques-unes des influences de l'artiste, principalement issues des années 70.

«All the Lost Souls est un hommage à un type de musique avec lequel j'ai toujours eu beaucoup d'affinités, soit celle des Cat Stevens, Elton John et Crosby, Stills, Nash&Young. Ce qui renforce ce caractère, c'est la manière dont l'album a été réalisé. C'est un disque qui repose avant tout sur de bonnes chansons, plus que sur de la quincaillerie de studio.»

Appel à l'âme humaine

Selon James Blunt, les chansons plus récentes ont pris une vie qui leur est propre sur scène. «Nous nous produisons régulièrement dans des festivals et dans des stades. Et les gens embarquent. Je pense que, jusqu'à maintenant, nous sommes parvenus à faire de ces spectacles des moments mémorables. «

Le chanteur donne l'exemple d'une représentation à Hong-Kong, où le groupe avait choisi d'allumer des chandelles sur scène.

«Peu de gens nous connaissaient, mais ils ont réagi à l'ambiance. Un spectacle, ça fait appel à l'âme humaine. Est ce qu'on peut rendre intime un spectacle dans un lieu immense? Il suffit de voir comment Barack Obama a su transporter les gens avec ses discours pour y croire.»

Après ses escales à Montréal et à Québec, le chanteur poursuivra une tournée qui se terminera en mars, moment où il entend bien rentrer à la maison, à Ibiza.

«C'est un endroit vraiment formidable pour écrire. Mais avant de pouvoir écrire, on a besoin de quiétude et de faire un peu d'espace dans sa vie, loin des médias et de l'industrie», a conclu l'adepte de balades en montagne, de ski et de surf.

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James Blunt, en spectacle au Centre Bell le 28 novembre, et au Colisée de Québec le 30 novembre.