Le quatuor écossais Franz Ferdinand revient revigoré dans les bacs lundi avec Right Thoughts, Right Words, Right Action, son premier album depuis 2009.

Publié le 23 août 2013
Bénédicte Rey AGENCE FRANCE-PRESSE

Le groupe, qui n'a pour le moment fait qu'une poignée de concerts dans de petites salles et quelques apparitions dans des festivals européens, devrait présenter vendredi au festival français Rock en Seine en avant-première son quatrième album, précédé d'un bon accueil critique.

L'album sort à partir de lundi dans le monde.

Il y a dix ans, Franz Ferdinand a fait souffler un vent de renouveau sur la pop anglaise avec un objectif clairement affiché: «faire de la musique pour que les filles dansent».

Tirés à quatre épingles, cultivés, passés par des écoles d'art, les quatre musiciens ont rapidement séduit les dites filles et la presse musicale, avec des pépites pop aussi efficaces qu'originales: Take me Out, Do you Want to, This Fire...

Mais leur troisième album Tonight: Franz Ferdinand, publié en 2009 a déçu. Toujours anguleuse et très maîtrisée, leur musique avait perdu fraîcheur et énergie.

Le groupe est en fait passé tout près de la séparation. Enregistré dans des conditions tendues, cet album a été suivi d'une épuisante tournée de deux ans, destinée notamment à séduire le difficile marché américain.

«Je déteste la pop»

«Je voulais que le groupe se sépare, dans ma tête c'était devenu comme un travail dont je devais démissionner. Je n'aimais pas la routine, ni les obligations», a récemment confié le chanteur Alex Kapranos au Guardian.

Après la tournée, «j'ai fait une sévère dépression, je pensais juste «Je ne peux plus jouer de musique, je ne le supporte plus». Nous étions essorés», a ajouté le guitariste Nick McCarthy.

Alex Kapranos s'est essayé à la critique gastronomique, à la production pour d'autres artistes (The Cribs, Citizens!...) avant de finalement retrouver le chemin du studio avec les autres membres de Franz Ferdinand.

Right Thoughts, Right Words, Right Action les voit retrouver de leur mordant. Nerveux et condensé (il ne dure que 35 minutes), l'album ne sort pas des sentiers déjà arpentés par le groupe, mais celui-ci a retrouvé le goût de la mélodie accrocheuse.

Right Action le premier extrait du disque, Evil Eyes, Bullet ou Brief Encounters devraient sans peine trouver leur place auprès des anciens succès du groupe lors de concerts réputés pour leur qualité.

Des harmonies venues de Californie, des mélodies délicates, des airs empruntés à Queen donnent des bouffées d'air frais au pop-rock arty de leurs débuts.

La musique joyeuse et énergique cache souvent des paroles sombres, à l'humour pince-sans-rire, reflétant les doutes d'un Kapranos désormais quadragénaire, qui avoue «ne croire en rien mais aimerait bien avoir le manuel d'instruction» sur le titre Fresh Strawberries.

Dans Goodbye Lovers and Friends la chanson qui clôt l'album, il va jusqu'à imaginer son enterrement. Ses dernières volontés? «Ne jouez pas de pop/Vous savez que je déteste la pop».