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Mirifique M.I.A.

Les contradictions qui colorent M.I.A., à la fois militante tamoule et... (Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Les contradictions qui colorent M.I.A., à la fois militante tamoule et britannique mondaine, tiers-mondiste trempée dans le fiel et icône mainstream, ne se sont pas estompées sur la scène du Métropolis, hier, le temps d'un concert fougueux et fugace.

Habituée de cette salle et des concerts expéditifs - un irritant qui s'est transformé en marque de commerce au fil des années -, la chanteuse pop-rap-world-électro-(ajoutez un genre pour chacun de ses albums) a su structurer quelque 60 minutes cohérentes, à mi-chemin entre ses cultures orientale et occidentale.

Derrière la scène, sept mandalas géants - ces diagrammes circulaires indiens qui évoquent la communauté et la médiation - éclairés aux couleurs de l'Inde et du Sri Lanka, où elle a passé une partie de son enfance. Au-dessus de ces structures trône le mot MATANGI, écrit dans le style devanagari. C'est le nom de l'album que l'artiste venait défendre dans une salle chargée, mais pas tout à fait comble.

La rappeuse s'est longtemps laissée désirer alors qu'un DJ - sa collaboratrice Venus X était absente - peinait à réchauffer le parterre. Sous les puissants projecteurs, M.I.A. a finalement mis la table avec Like This. Clinquante avec ses lunettes fumées, son trench-coat rouge et son top doré, la jeune femme a vite donné le ton, accompagnée d'un danseur frénétique auquel se sont jointes deux danseuses. Le Métropolis est devenu un vaste plancher de danse.

Peu loquace, Mathangi Maya Arulpragasam se contentait de crier: «Montreal!» de temps à autre, un leitmotiv qui semblait contenter le public cosmopolite et métissé. Elle s'est tout de même impliquée plus qu'à l'accoutumée, tant dans la livraison - son attitude frondeuse et inébranlable s'est avérée particulièrement efficace - que dans le partage avec le public.

Unique

L'enfant de réfugiés sri-lankais aussi terrible que mirifique s'est jetée dans la foule pour une séance de body surfing, a chanté a cappella avant d'entamer Sunshowers, et a trimballé sur scène une quarantaine de spectatrices pour appuyer le succès de 2007 Boyz. Un des moments forts du concert, pendant lequel Montréal scintillait de toutes ses couleurs. «I love my fucking fans [J'adore mes putains de fans]», a-t-elle lancé à ce moment.

Matangi ne contient pas de hits de la trempe d'Arular ou de Kala, et la chanteuse s'est permis de puiser allègrement dans sa discographie passée. World Town et Bamboo Banga, tirés de son notoire deuxième opus, ont su ragaillardir les hanches les plus engourdies.

Il a toutefois fallu attendre - pas très longtemps, au final - le rappel pour entendre les jolies bombes électro-pop que sont Paper Planes et Bad Girls, tandis que les cris et les mouvements du public étaient à leur paroxysme.

Mises côte à côte, ces deux pièces issues de deux périodes différentes prouvent que M.I.A. a su se réinventer sans sacrifier sa cohérence.

Quant aux artifices qui la caractérisent de plus en plus (bling-bling, bang bang mimés et autres références au gangsta rap), ils font partie du personnage, féminin et féministe. Comme quoi les filles aussi peuvent jouer les durs.

Difficile de reprocher à M.I.A. d'avoir été récupérée par le star-système, tant son unicité, sa ferveur sociale et la portée de ses pièces tranchent avec la moyenne de ses collègues pop. Au Métropolis, hier, elle s'est présentée brièvement mais entière. Contradictoire, certes, mais inimitable.




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