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Les Trois Accords : grands champions

Les Trois Accords lors de leur prestation à... (Photo: Pascal Ratthé, Le Soleil)

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Les Trois Accords lors de leur prestation à Québec le 5 avril dernier.

Photo: Pascal Ratthé, Le Soleil

La Presse

Avec Saskatchewan, on a d'abord cru que Les Trois Accords était un groupe de country parodique. Après, on a pensé que ces zigotos étaient des ados attardés, des musiciens fous braques, des arpenteurs de l'absurde pour finalement en arriver à la seule conclusion logique, qui s'imposait tout particulièrement hier soir au National: c'est un sacré bon groupe de rock.

Presque une décennie après ses débuts, le groupe a pris du métier. Surtout, il possède désormais un répertoire solide et doté d'une certaine profondeur. Oui, Les Trois Accords jouent encore Saskatchewan et Hawaïenne, mais ces deux succès de la première heure ne font plus d'ombre aux nombreuses autres chansons décalées composées par Simon Proulx (chant et guitare).

L'assistance rassemblée hier dans la fournaise qu'est le National, pour le premier de trois concerts au même endroit, a d'ailleurs chanté avec un plaisir pas coupable les refrains joyeusement tordus ou drôles d'Elle s'appelait SergeTout nu sur la plage et bien d'autres.

Ce qui sautait aux oreilles, hier, c'est la force des mélodies, l'efficacité des riffs de guitare, la cohésion du groupe et le rôle central de Simon Proulx au sein du quatuor. Le chanteur porte littéralement son groupe sur ses petites épaules. Il a passé toute la soirée à sautiller derrière son micro tout en grattant furieusement sa guitare. Sa voix menaçait parfois de craquer, mais non, ce n'était toujours qu'une fausse alerte et, si le chanteur suait, il n'avait même pas l'air essoufflé... Il a été le seul élément énervé d'un groupe autrement étonnamment statique sur les planches.

Les Trois Accords se sont payé une entrée très «rock star»: Charles Dubreuil a commencé seul à la batterie avant d'être rejoint successivement par Pierre-Luc Boisvert (basse), Alexandre Parr (guitare) et Simon Proulx. Le chanteur trônait sur un petit promontoire ironiquement agrémenté de deux fausses flammes, une idée d'autant plus amusante que Bamboula, la chanson qui a ouvert le spectacle, évoque le rock sombre de Joy Division et de ses émules Interpol.

Ces «flammes» n'ont pas été le seul «effet spécial» du spectacle. Les Trois Accords s'étaient en effet bricolé une mise en scène toute simple, mais allumée pour marquer cette escale de trois soirs à Montréal. De beaux éclairages (une toile d'araignée de lasers pendant Youri, notamment) et surtout de beaux invités. Qu'on hésite à dévoiler, au cas où ils seraient au programme ce soir et demain. Disons simplement qu'on a pu voir en vrai le culturiste de Tout nu sur la plage et que les autres visiteurs ne sont pas des musiciens...

Les Trois Accords ont joué près de 20 chansons tirées de leurs quatre albums, multipliant les clins d'oeil au yéyé (Caméra vidéo), aux buffets intercontinentaux (Son visage était parfait, où Alexandre Parr gratte une mélodie méditerranéenne) sans s'éloigner trop longtemps de ses racines pop-punk et des décharges électriques qui viennent avec. Ce ne fut pas qu'une performance solide, ce fut un vrai bon spectacle, divertissant et convaincant.

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Les Trois Accords se produisent de nouveau vendredi et samedi au National.




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