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Touchants adieux de Yuli Turovsky

Yuli Turovsky faisait hier soir ses adieux comme... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Yuli Turovsky faisait hier soir ses adieux comme chef d'orchestre.

Photo: Bernard Brault, La Presse

Claude Gingras
La Presse

Soirée de grande émotion hier, à Pollack absolument comble: Yuli Turovsky, très malade et bientôt 72 ans, dirigeait le dernier concert de sa carrière. Et encore, il ne dirigeait qu'une partie du concert, précédé et suivi par deux collègues.

Étrangement, ce concert de fin de saison des Musici n'était pas donné par l'orchestre de chambre que M. Turovsky a fondé en 1983 mais par un orchestre appelé Nouvelle Génération et groupant 15 musiciens dans la jeune vingtaine, tous élèves ou anciens élèves de M. Turovsky en violoncelle ou de sa femme Eleonora en violon et en alto.

On aurait dit un message de M. Turovsky à ses Musici: «Oui, je pars. Mais je veux d'abord vous présenter ceux qui, demain, vous remplaceront peut-être aussi...»

Acclamé par l'auditoire debout dès son entrée en scène, le chef sortant a parlé, d'abord un peu en français, ensuite surtout en anglais, mais dans les deux cas d'une voix si faible qu'on ne l'a à peu près pas compris.

La Nouvelle Génération a ensuite envahi les lieux: neuf jolies filles en élégantes robes de toutes les couleurs et six garçons vêtus de noir. Premier chef au pupitre, Airat Ichmouratov, mieux connu comme clarinettiste de l'ensemble Kleztory, dirige sa Symphonie de chambre op. 5. Les formules empruntées à Chostakovitch sont nombreuses, parfois même un peu gênantes, mais la chose s'écoute bien: deux Allegros pleins de contrastes et, au milieu, un Adagio très tendu. Déjà, le nouveau petit orchestre sonne bien.

Dirigeant assis, M. Turovsky accompagne ensuite, de quelques gestes, le tout petit Bryan Cheng, 13 ans, d'Ottawa, dans le Concerto de Boccherini qu'il a lui-même joué si souvent. Absolument étonnant, cet enfant, qui joue de mémoire et avec la technique, la sonorité et la musicalité d'un violoncelliste de métier. Quelques petits écarts de justesse ici et là sont sans importance. Ovationné, il ajoute un Paganini: les Variations sur le Mosè de Rossini, entièrement jouées sur la corde de do.   

M. Turovsky cède ensuite la baguette à Alain Aubut, son ancien élève en violoncelle, qui fut le violoncelle-solo des Musici dès 1983, et qui fait là ses débuts - remarquables - de chef d'orchestre dans le long et séduisant Souvenir de Florence de Tchaïkovsky. Attentif à tout ce qui se déroule de section en section, M. Aubut pousse chacune à son maximum, obtient d'énergiques tutti et amène ces jeunes à chanter l'Adagio cantabile avec une rare émotion.

Ovation encore. On ramène M. Turovsky pour un rappel: il se rasseoit et dirige les fameux Zigeunerweisen de Sarasate retouchés par M. Ichmouratov sous le titre Sarasatiana. La salle debout l'acclame, on le couvre de fleurs, il salue plusieurs fois et regagne les coulisses.

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ORCHESTRE NOUVELLE GÉNÉRATION. Chefs d'orchestre: Airat Ichmouratov, Yuli Turovsky et Alain Aubut. Soliste: Bryan Cheng, violoncelliste. Hier soir, Pollack Hall de l'Université McGill.

Programme:

Symphonie de chambre op. 5 (2004) - Ichmouratov

Concerto pour violoncelle et orchestre en si bémol majeur, G. 482 (c. 1770) - Boccherini

Souvenir de Florence, op. 70 (1890-92) - Tchaïkovsky




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