Tame Impala, King Gizzard & the Lizard Wizard, Earthless, Pigs X7, The Limiñanas, Khruangbin, tant d'autres groupes d'aujourd'hui dont le groupe montréalais Anemone s'inspirent de ces rythmes binaires et hypnotiques, de ces patterns mélodiques planants, de ces impros aériennes propices à la transe, de ces effets de distorsion légère et de réverbération, de ces usages de synthétiseurs analogiques, guitares et instruments exotiques - dont le sitar indien.

ALAIN BRUNET LA PRESSE

Bref, de ces extrapolations sonores pigées fin 60, début 70. À l'époque, on attribuait ces choix d'interprétation à l'absorption de drogues psychédéliques, LSD-25, mescaline, champignon, peyotl...

Aujourd'hui? Ces musiques ne sont plus générées par des interprètes givrés (enfin... si peu), mais plutôt par des esthètes musiciens désireux de transcender ces acquis importants de la pop culture.

En 2019, le psychédélisme pop d'Anemone n'est pas une duplication passéiste, ses interprètes sont pour la plupart techniquement supérieurs à leurs ancêtres fondateurs. Les référents n'en demeurent pas moins dominants, auxquels on ajoute des éléments de dream pop moins anciens.

Les chansons de l'album Beat My Distance sont composées et écrites en anglais par Chloé Soldevila, soliste dont la voix ténue est magnifiée par le jeu d'excellents accompagnateurs, les principaux étant le batteur Miles Dupire-Gagnon, les guitaristes Gabriel Lambert et Zachary Irving.

Vers le rayonnement de masse? C'est ce qui se dessine peut-être à l'horizon pour ce groupe montréalais qui tourne partout dans le monde et qui fait l'objet d'un véritable engouement.

* * * 1/2

Dream pop, psychédélique. Beat My Distance. Anemone. Royal Mountain Records.