Neuvième cuvée du populaire et polarisant chanteur Benjamin Biolay, Volver boucle en quelque sorte son diptyque «argentin». Cette heure dense et danse heureuse, qui s'est construite entre Buenos Aires, Rome et Paris, conserve ce faisceau lumineux qui poignait sur Palermo Hollywood, un optimisme jusqu'alors inédit pour ce dandy habitué du spleen et du tragique.

Mis à jour le 24 mai 2017
Charles-Éric Blais-Poulin LA PRESSE

Dans la foulée, donc, Biolay continue de s'éclater, cette fois en 17 morceaux. Le voilà qui entraîne son ex Chiara Mastroianni dans une baise gainsbourienne (¡Encore, Encore!), ose revisiter Ferré (Avec le temps), pastiche les frères PNL (Hypertranquille, exagérément pimpé à l'Auto-Tune) et convie Catherine Deneuve à un funèbre Happy Hour post-attentat où Paris «a l'alcool triste».

Sur le trilingue Volver, le musicien célèbre, pleure, récite, rappe, échantillonne, jouit et collabore (Sofia Wilhelmi, Miss Bolivia, Ambrosia Parsley, etc.).

C'est latino, disco, rock, funk et électrique. Romantique et libidinal. Une livraison généreuse, dont la cohésion et le génie ne prennent forme qu'à la faveur d'écoutes multiples. La beauté se cache dans chaque recoin.

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CHANSON. Volver. Benjamin Biolay. Barclay.