Connu sous le pseudonyme d'Arca, Alejandro Ghersi a sorti son enregistrement le plus incarné, celui où il assume le plus son âme androgyne, celui qui porte la plus lourde charge émotionnelle et la plus grande profondeur compositionnelle d'une oeuvre encore jeune.

Mis à jour le 8 mai 2017
Alain Brunet LA PRESSE

Bien au-delà de ses capacités de réalisateur pour la pop de création et le hip-hop (Björk, Kanye West, FKA Twigs), Arca n'a cessé de progresser en tant que compositeur, musicien et chanteur s'exprimant en espagnol.

On contemple la diversité des propositions conceptuelles, on admire la cohabitation de la violence bruitiste et de la volupté mélodique. On se réjouit de ces émotions vraies et puissamment exprimées, qui accrocheront les plus rébarbatifs.

Se succèdent, s'enchevêtrent et s'entrechoquent des sons foisonnants, brillamment mis en scène: irruptions, explosions, secousses, tremblements, coulées de lave, crépitements, mitrailles, complaintes, élans passionnés.

Ce chaos organisé laisse déferler des torrents d'imagination, mais favorise aussi l'apaisement, la réflexion, la douceur. La vie, mon vieux... Cet album réunit toutes les qualités des expériences musicales qui restent gravées dans le cortex.

* * * * 1/2

ÉLECTRO. Arca. Arca. XL.