Ce troisième opus de Suuns se dévoile au fil des écoutes. On découvre d'abord les contours d'un art rock conceptuel, cérébral, presque clinique. Les rythmes y sont moyens ou lents, l'approche tend vers le minimalisme et l'abstraction.

Publié le 25 avr. 2016
Alain Brunet LA PRESSE

Puis... la musique fait son chemin entre les oreilles, la sensualité et la pensée fine émergent de ce très bel amalgame de guitares, synthés, machines, batterie, voix plaintives, inflexions lascives, phrases consonantes traversées par des bribes d'écrits sacrés et des évocations sexuelles.

La réalisation n'est pas piquée des vers: autrefois l'apprenti de Steve Albini, le Texan John Congleton a réalisé et mixé pas mal de monde, de Swans à St. Vincent. Avec raison, il a enjoint les quatre Montréalais de conserver intactes les prises de son les plus habitées plutôt que d'en gommer les petits défauts en reprenant les pistes déficientes.

Malgré toute cette recherche formelle, l'esprit reste rock. On finit par se sentir à l'aise dans cette pénombre organique, on se plaît à en longer les couloirs de paradoxes. Les grooves, les textures, les harmonies, les beats, les mots, tout ça s'imprime et reste dans le cortex.

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ROCK. Hold/Still. Suuns. Secret City Records.