Fils d'Alain Souchon, Pierre doit déjouer le piège du «fils de», comme l'ont réussi M (Matthieu Chedid), Arthur H (Higelin) ou Thomas Dutronc (fils de Jacques et Françoise).

Alain Brunet LA PRESSE

Pierre Souchon doit composer avec cette pression patrimoniale, résoudre l'équation. Y parvient-il avec ce Pierre Souchon présente Piteur's Friends? Pas sûr. Certes, il fait dans la chanson française de très bonne qualité, pop en fin de trentaine rigoureusement construite, et qui n'a rien à envier à celle de ses contemporains... ni à celle de la famille Voulzy que les Souchon fréquentent depuis toujours.

Ça s'entend: Pierre a un peu la dégaine de tonton Laurent et de papa Alain, et vice versa... Notre homme débusque de bonnes images littéraires. Fait preuve d'un humour fin lorsqu'il réclame des amis rassurants et conformistes (Piteur's Friends). Peut aborder la fin d'une relation lorsque le narrateur raconte que sa partenaire a retiré le «i» du verbe aimer (L.A.O.T.). Fagote de solides jeux de mots, notamment sur le thème éternel du «il» ou «elle». Sait parler des amours mal parties. Sait aborder le thème délicat de l'anorexie sans tomber dans l'apitoiement de base. Et ainsi de suite. En somme du bon travail bien fait, sensible... mais peut-être pas assez typé. Enfin, lorsqu'on s'appelle Pierre Souchon.

CHANSON

Pierre Souchon

Piteur's Friends

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Naïve