Non je ne crois pas que M.I.A. se soit dégonflée parce qu'elle aime un héritier de l'empire Seagram.

Alain Brunet LA PRESSE

Parce qu'elle a enfanté un bébé milliardaire. Je sens encore quelque chose de sauvage chez elle, quelque chose de très libre. Je sens encore un sens critique aiguisé malgré le cash dans lequel elle peut se rouler. Je crois que cette fortune acquise par alliance ne signifie pas autre chose qu'indépendance pour Mathangi «Maya» Arulpragasam, qui vient de signer un album solide.

On n'y sent pas l'édulcoration ni l'opportunisme. Cette fois, elle a choisi de travailler avec des as du dance floor dont elle assure la direction et s'approprie l'expertise: Diplo, Switch, Blaqstarr, Rusko.

Encore une fois, cette visionnaire de la pop sait qui recruter. Dub, hard core, bruits industriels, soul pop, hip-hop, techno, dubstep, reggae, moins world, plus occidental. M.I.A. bouffe de tout sans faire dans la pizza toute garnie. Elle sait bien résumer sa vie, sa démarche. Sans broncher, malgré ses contradictions, elle assume sa rugosité, son côté direct et intransigeant, on ne peut plus imaginatif. Une fois de plus, Maya absorbe ce qui peut servir son art. Jusqu'à quand? Mauvaise question.



Extrait: Born Free



POP

M.I.A.

Maya

***1/2

XL