Sur Swim, son cinquième album, Dan Snaith (Caribou) semble reprendre là où il nous avait laissés sur l'impeccable Andorra (Prix Polaris en 2008), tentant d'accoster la chanson pop sur la voie électronique.

Philippe Renaud, collaboration spéciale LA PRESSE

Puis, ça dérape: les refrains s'égarent sur un curieux plancher de danse, disco vaguement rétro, jamais référenciel.

Plus épuré, joliment mélancolique mais parfois difficile d'approche, Swim atteint de peine et de misère l'équilibre entre les grooves pesants et les refrains qui tirent l'oreille, merci aux chanteurs Jeremy Greenspan (Junior Boys) et Luke Lalonde (Born Ruffians).

Comme s'il avait épuré le son de ses précédents disques en y conservant l'esthétique, les couleurs brouillonnes et diffuses, assemblages de bruits et de claviers distortionnés qui, raccommodés ensemble, créent une captivante courtepointe rythmique tantôt minimaliste, tantôt atmosphérique, souvent poignante - Kaili, inoubliable refrain placé sur des bruits métalliques partant en vrille, avec envolée de sax évoquant Pharoah Sanders!

Visiblement, Snaith, débordant de bonnes idées, ne semble pas pressé de poursuivre sa carrière de mathématicien; grand bien nous fasse!

Caribou sera en concert à La Tulipe, le 5 mai.

Extrait: Sun

Électro

Caribou

Swim

Maison de disque: Merge