La populaire chanteuse country Guylaine Tanguay vient de lancer son premier album de compositions originales, C’est ma vie, sur lequel figure notamment un hommage à Karl Tremblay intitulé Salut Cowboy. Elle donnera un spectacle aux Francos le 16 juin, avant de se lancer dans une tournée québécoise. La Presse lui a posé quelques questions envoyées par nos lecteurs.

Si on ne se réfère pas à votre carrière musicale, quel rôle joue la musique dans votre vie ? 
– Elisabeth-L. Grenier

La musique pour moi, c’est une espèce de trame de son qu’on doit toujours avoir autour de soi. C’est un accompagnement qui fait toujours du bien. Si on est triste, on peut trouver de la musique qui nous remet dedans. D’autres fois, on a le goût d’être dans les émotions et de mettre de la musique pour ça. C’est quelque chose qui peut devenir comme méditatif et d’autres moments, c’est juste pour s’éclater. C’est un défoulement dans un sens comme dans un autre.

Nous suivons votre carrière depuis plusieurs années et nous aimons l’émission Tout simplement country. Nous remarquons que de plus en plus de chansons en anglais font partie de votre répertoire. Nous avons un bagage immense de vrai country, pourquoi ne pas nous en faire profiter ? 
– Candide Brisson

Dans ma musique à moi, il y a plus de français que d’anglais. Mon nouvel album, par exemple, est tout en français. Évidemment, quand on parle de cette émission, qui a été tournée il y a quelques années déjà, on recevait des gens de partout. Des gens du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et du Québec aussi, bien sûr. Certains étaient plus des chanteurs anglophones et dans ces cas-là, on respectait leurs origines. Mais pour moi, personnellement, la majorité de ma vie musicale se passe en français. Quand on fait des chansons en anglais, il faut qu’il y ait une raison. Par exemple, sur mon spectacle, ça peut être pour faire une danse en ligne de country qui va avec ou bien parce que c’est un retour à ma jeunesse où je faisais de la musique plus rock. Mais ce n’est pas du remplissage. Mon répertoire est toujours en français, c’est ce qu’on privilégie. La musique, pour moi, ce n’est pas comme une langue parlée, c’est un langage universel.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Guylaine Tanguay, en octobre dernier

Guylaine, on t’entend souvent chanter dans plein de styles autres que le country. Cherches-tu ta véritable identité comme artiste ? 
– Daniel B. Lafrenière

Le fait de me promener, c’est une liberté musicale que j’aime beaucoup avoir, comme on a une liberté dans notre vie en général. C’est le fun de pouvoir changer de style pendant quelques minutes dans un spectacle, pour amener du rock ou du hard, peu importe. Moi, c’est une façon de m’amuser là-dedans. En télé, on va me demander de chanter telle ou telle chanson et j’accepte parce que c’est aussi ça, la musique, de pouvoir se promener dans les styles. C’est comme si j’étais cuisinier dans un restaurant italien et que jamais je ne me permettais de manger autre chose que de l’italien. On peut aller manger du thaïlandais, du chinois, du traditionnel canadien. Je le vois comme ça. Je ne suis à la recherche d’absolument rien, à part le bonheur musical.

Est-ce que vous savez monter à cheval ? 
– Évelyne Poinlaine

Je suis l’inverse de ce que les gens peuvent s’imaginer d’une chanteuse country en ce qui a trait aux chevaux. Je me suis fait piétiner par un cheval quand j’avais 8 ans, j’aurais pu mourir, ça a été très grave. J’ai donc toujours eu très peur des chevaux et je ne monte vraiment pas à cheval. C’est un défi pour moi de passer à côté d’un cheval, même si je sais qu’ils sont dociles et peuvent être les meilleurs amis de l’humain. C’est vraiment un traumatisme.

Quelle formation musicale avez-vous suivie ? Et de quelle façon composez-vous généralement vos chansons ? 
– Yvan Ducharme

Je n’ai aucune formation musicale, pas plus que vocale. Je n’ai suivi aucun cours de chant, je ne sais même pas comment réchauffer ma voix ! Je chante quand on me dit de chanter et j’arrête quand on me dit d’arrêter ! J’ai toujours fait ça naturellement. Et pour ce qui est de ma composition : l’album que je viens de faire, sur lequel j’ai écrit, représentait une nouvelle aventure pour moi. Je l’ai voulue dans une façon simple, j’ai voulu faire des textes très près de la façon dont je m’exprime dans la vie. Je n’ai pas voulu faire des textes où je m’exprime de façon imagée ou un peu floue. Je suis une personne très directe dans la vie, je ne passe pas par quatre chemins, je n’essaie pas de trier la façon dont je m’exprime en public, même pour des choses personnelles. J’ai fait exactement la même chose pour l’écriture des chansons de l’album, je me suis permis d’être 100 % moi-même. Quand tu sors un album à bientôt 52 ans, je ne pense pas que ce soit le temps de te trouver une autre forme de personnalité et de changer ton style, surtout pour un premier album original à 100 %.

Avant la musique, quel métier avez-vous pratiqué ? 
– Yvan Ducharme

J’ai été serveuse dans un bar pour gagner ma vie quand j’étais jeune, au Lac-Saint-Jean, parce que c’était tout ce qu’il y avait de proche autour à faire. Ensuite, je suis arrivée à Montréal et j’ai travaillé dans un fleuriste au marché Jean-Talon. J’ai adoré faire les montages pour les bouquets, j’aime encore ça. J’ai aussi été caissière dans les caisses populaires. Mais à part la musique, j’aurais beaucoup aimé être enseignante à la maternelle. Les études, je n’ai pas pu les faire parce qu’on ne pouvait pas se les permettre financièrement dans ma famille, donc j’ai arrêté. Mais j’ai fait un retour à l’université quand j’étais plus vieille et que mes filles étaient très jeunes. Mais quand tu prends un autre chemin, la musique revient tout le temps ! Alors j’ai choisi la musique forcément, mais j’aurais bien aimé, dans une autre vie, enseigner à la maternelle.

Guylaine Tanguay sera en spectacle aux Francos le 16 juin, 20 h, sur la scène Loto-Québec

Consultez le site web de Guylaine Tanguay pour les dates de sa tournée