Se plonger dans un disque de Bonobo n’est pas une expérience décoiffante. Simon Green, le créateur derrière ce pseudonyme, semble toujours à la recherche du point d’équilibre entre pulsations dansantes et ambiance confortable. Il mise essentiellement sur des sonorités enveloppantes, dans lesquelles il insuffle un soupçon de tension ici et là, sans jamais choquer l’oreille.

Publié le 22 janvier
Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

Fragments s’inscrit parfaitement dans cette trajectoire esthétique. On constate que Simon Green accélère un peu le tempo, mais sans jamais trop affirmer ses envies house. On ne se sent pas obligé de faire plus que de battre la mesure en hochant la tête, même dans un morceau comme Ottomo, qui se démarque pourtant agréablement de l’ensemble avec sa rythmique insistante et des chœurs qui semblent lever les bras au ciel.

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Bonobo, en fait, est plus habile à synthétiser les musiques électroniques des 20 dernières années qu’à explorer de nouveaux territoires. Fragments ne secoue donc rien, mais bénéficie d’une production impeccable, riche en mélodies et remplie de collaborations réussies, sans être marquantes : le Néo-Zélandais Jordan Rakei apporte par exemple une touche de soul à Shadows, morceau plutôt rêveur, alors que Jamila Woods, originaire de Chicago, apporte un peu de la chaleur à Tides, chanson plutôt triste.

Fragments est le genre de disque qu’on écoute sans lui confier totalement nos oreilles, pour mettre de la couleur (et un peu d’énergie, même) dans un après-midi de semaine.

Fragments

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