Contre vents et marées, Billy Talent garde le flambeau du rock bien haut. Plus de cinq ans après l’excellent Afraid of Heights, le quintette torontois revient avec Crisis of Faith, une réflexion à la fois lucide et positive sur l’état actuel des choses, mais aussi un nouveau témoignage d’un groupe en pleine possession de ses moyens.

Publié le 22 janvier
Pierre-Marc Durivage
Pierre-Marc Durivage La Presse

Billy Talent avait déjà mis la table avant le lancement de Crisis of Faith : quatre pièces avaient été lancées à titre d’extraits, trois d’entre elles atteignant la première position du palmarès rock canadien. Jamais le groupe n’avait réussi l’exploit d’inscrire autant de numéros un consécutifs, ce qui réaffirme sa pertinence, près de 20 ans après avoir débarqué sur la planète rock avec les indémodables Try Honesty et River Below.

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Crisis of Faith se veut moins monolithique et s’ouvre ainsi avec Forgiveness I+II, probablement l’exercice le plus abouti et le plus audacieux du groupe, l’as-guitariste Ian D’Sa y allant d’une composition aux inspirations progressives, avec des enchaînements d’accords complexes aux accents orientaux, le tout s’arrimant néanmoins à un refrain dont la mélodie vient se fixer à l’esprit. Une superbe réussite qui fait pâlir la deuxième partie de la chanson – on s’interroge encore sur sa pertinence.

Reckless Paradise remet les pendules à l’heure avec un morceau de bravoure post-hardcore, montrant non seulement que D’Sa est un maître du riff, mais aussi un producteur de haut niveau, le timbre de ses guitares étant toujours aussi riche et juste.

Entre les autres tubes incontournables que sont l’encourageante I Beg To Differ (This Will Get Better) et la tonifiante End of Me – chantée avec Rivers Cuomo, de Weezer –, il faut noter le plus récent extrait, le brûlot punk Judged, 1 min 39 s d’énergie brute qu’il sera possible de voir sur scène le 1er avril à Québec et le 3 avril à Laval.

Crisis of Faith

Punk-rock

Crisis of Faith

Billy Talent

Warner Music Group

½