(Toronto) Qui aurait cru, il y a à peine dix ans, que le bon vieux microsillon atténuerait le déclin constant des ventes de musique au Canada ?

Publié le 6 janvier
David Friend La Presse Canadienne

Le baromètre des ventes, publié jeudi par MRC Data, rapporte que 1,1 million de disques vinyle ont été vendus au Canada en 2021, une augmentation de 21,7 % par rapport à 2020. Cette année-là, les ventes avaient chuté en raison de la COVID-19 et de problèmes d’approvisionnement.

Les derniers chiffres de 2021 ont par ailleurs dépassé le record de 1,03 million de disques vinyle vendus en 2019.

La résurgence du microsillon — du « 33 tours » ou du « long jeu », si on est un peu plus âgé — a de fait contribué à ralentir la baisse continue des ventes de disques au Canada. Si l’on additionne les ventes physiques et numériques, elles ont chuté l’année dernière de 12,1 %, à 6,1 millions d’« unités ».

Le portrait annuel de la firme MRC sur l’industrie de la musique met en évidence les tendances, la croissance de l’écoute en continu et les ventes globales d’albums.

L’un des points positifs demeure quand même la légère augmentation des ventes physiques, de 0,1 %, à près de 3,8 millions d’unités, en tenant compte des vinyles, des cassettes et des disques compacts (CD). Mais les CD ont continué à tomber en disgrâce auprès des auditeurs en 2021 : leurs ventes ont chuté de 6,9 %, à 2,7 millions d’albums.

Les ventes d’albums numériques au Canada ont également été plus faibles, chutant de 26,9 %, à 2,3 millions d’unités, tandis que les ventes de morceaux numériques uniques ont chuté de 25 %, à 18,3 millions.

Une grande partie du ralentissement peut être attribuée à une tendance soutenue des consommateurs à se tourner vers les sites de diffusion en continu, qui paient les artistes en fonction des choix de lecture des consommateurs — et la plupart touchent généralement moins que s’ils vendaient leur « album physique ».

Une plus grande diversité ?

Au chapitre des tendances mondiales, le rapport publié jeudi indique que pour la première fois en 2021, la musique en diffusion continue a dépassé les deux milliards de lectures hebdomadaires. Mais ce mode semble attirer un public de plus en plus fragmenté.

Au cours des deux dernières années, les chansons les plus populaires ont été diffusées moins souvent que ne le faisaient jadis les grands succès des palmarès. La firme MRC suggère qu’une augmentation des utilisateurs s’accompagne d’une plus grande diversité des goûts musicaux, qui peut ensuite orienter les consommateurs vers des genres différents et des artistes moins populaires.

Par exemple, la pièce la plus diffusée en 2021 dans le monde a été Levitating, de Dua Lipa, qui a rassemblé 84,7 millions de pièces à la demande. Or, en 2019, Old Town Road, de Lil Nas X, avait attiré 128,6 millions de demandes, et en 2018, God’s Plan, de Drake, en avait accumulé 98,2 millions.

Les ventes d’albums physiques chutent depuis des années, mais elles avaient connu une baisse significative en 2020, plongeant de 42,7 % au cours de la première année de la pandémie. Par contre, le vinyle n’avait chuté « que » de 12,9 % cette année-là.