On a surtout entendu Samian en français jusqu’ici. Avec Nikamo, le rappeur originaire de Pikogan, petite communauté autochtone d’Abitibi-Témiscamingue, propose un premier album presque tout en langue anishinaabemowin. Il se détache aussi du rap old school mis de l’avant sur son précédent disque, Le messager.

Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

Nikamo se démarque d’abord par son groove. On le sent dès Anishnabe, premier morceau du disque, qui s’amorce sur des chants et un tambour autochtones avant de bifurquer vers des rythmes syncopés et un rap où Samian accentue la raucité de sa voix. SQ, avec sa combinaison de scratching et de cuivres posés sur de puissantes pulsations de basse, évoque les envolées de The Herbaliser.

Cet élan rythmique donne de la fougue au rappeur. Sa décision de s’exprimer en anishinaabemowin aussi. Son flow est en effet marqué par une fluidité que la langue française ne permet pas toujours.

Samian et ses collaborateurs, dont le chanteur innu Shauit, parlent de prise de parole, plaident pour l’unité entre les humains et le respect entre les cultures.

Ishkodè, dédiée aux victimes du pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique, parle de souffrance, mais aussi de retour à la lumière. Génocide, seule chanson en français du disque, est la plus tranchante : elle décrit la situation des autochtones comme un régime d’apartheid, parle de peuples que l’on cache et qui sont victimes d’un « génocide au compte-goutte ».

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Samian prend la parole pour lui et pour les siens. Avec un souffle et une énergie renouvelés sur ce disque puissant, qu’il a présenté en primeur vendredi, sur la place des Festivals, dans le cadre du Festival international Présence autochtone.

Nikamo

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Nikamo Musik/Musique Nomade