Matthew Larkin est l’un des plus éminents organistes anglo-canadiens. Il a notamment officié à la cathédrale anglicane Christ Church d’Ottawa pendant 15 ans, en plus d’être très actif comme chef de chœur. Même s’il a collaboré à plusieurs enregistrements, il aura fallu la pandémie pour que, encouragé par des amis, il réalise son premier disque solo depuis… 1983.

Emmanuel Bernier Collaboration spéciale

Produit par l’étiquette québécoise Atma Classique avec une équipe torontoise, le disque met en valeur le légendaire orgue de l’église anglicane St. Paul de la Ville Reine. Construit en 1914 par Casavant, cet instrument est, avec ses 112 jeux et ses quelque 7500 tuyaux, l’un des plus imposants en Amérique du Nord.

Réparti sur deux disques, le programme enregistré par Larkin se démarque sur deux plans. En premier lieu, par sa véritable adéquation entre le répertoire et l’instrument. Comme s’agit d’un orgue d’esthétique anglaise, le répertoire fait la part belle aux compositeurs de cette école (Macmillan, Willan, Howells, etc.), avec quelques incursions du côté de la France et de l’Allemagne.

En second lieu, par son équilibre entre le connu (Troisième choral de Franck, Barricades mystérieuses de Couperin, Troisième sonate de Mendelssohn…) et le moins connu. Mentionnons à cet effet la tonique Toccata et fugue du compositeur canadien contemporain Andrew Ager.

Du côté de l’interprétation, c’est franc et intelligent, avec des registrations originales (dans le Mendelssohn et le Benedictus de Reger notamment). Les passages plus lyriques (on pense à la partie centrale du Franck) montrent également les talents de chanteurs de Larkin.

Le seul hic – et il n’est pas des moindres – se trouve du côté de la prise de son, souvent lointaine. Il faut dire que l’équipe de production faisait face à tout un défi, avec un instrument divisé en plusieurs sections disposées à différents endroits du lieu de culte. Le problème se pose davantage dans les pièces plus douces (Choral « Allein Gott », BWV 662, de Bach ou le Couperin), mais en général, on a un peu l’impression d’entendre l’orgue à partir de la sacristie !

Cela dit, ce disque est une honorable démonstration des possibilités d’un instrument important et d’un interprète chevronné.

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Casavant Opus 550 – St. Paul’s Anglican Church Toronto

Classique

Casavant Opus 550 – St. Paul’s Anglican Church Toronto

Matthew Larkin

Atma Classique

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