Propulsé par son tube planétaire Human lancé en 2016, Rag’n’Bone Man n’avait pas encore donné suite à un premier album marqué par ses influences R&B et même hip-hop. Avec Life by Misadventure, Rory Graham se permet un retour aux sources avec des titres plus folk et parfois même blues, mais en offrant toujours la même inspiration soul qui lui avait permis de remporter le titre d’artiste le plus prometteur chez lui, au Royaume-Uni.

Pierre-Marc Durivage
Pierre-Marc Durivage La Presse

Il faut le dire d’emblée, Life by Misadventure n’offre pas de chanson aussi percutante que Human. À l’inverse, le disque met en valeur le savoir-faire de Rory Graham avec plusieurs chansons qui se démarquent de belle façon. On retient particulièrement les pièces où le chanteur met sa riche voix de baryton au service de rythmes plus rock, comme dans les consécutives Crossfire, All You Ever Wanted et Changing of the Guard, toutes trois excellentes.

C’est d’autant plus remarquable que le rock n’est pas le véhicule généralement emprunté par des chanteurs « à voix » comme Rag’n’Bone Man. Bien sûr, le disque contient sa large part de ballades, mais aucune ne se noie dans un excès de garnitures sucrées. L’artiste de 36 ans choisit plutôt de mettre sa sincérité et sa fragilité à l’avant-plan, tant par sa voix que par ses propos. C’est notamment le cas sur la jolie Anywhere Away From Here – interprétée en duo avec Pink –, mais aussi sur la poignante Alone, où Rag’n’Bone Man exprime la vulnérabilité de l’être, conjuguée ici au masculin.

Ailleurs, le jeune auteur-compositeur-interprète navigue avec aisance et polyvalence entre le folk (Fireflies et Old Habits), le rhythm and blues (Time Will Only Tell et Somewhere Along the Way) ou même l’indie-rock (Party’s Over), toujours en affirmant un talent de mélodiste qui, à défaut d’être franchement original, est diablement efficace.

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IMAGE FOURNIE PAR SONY MUSIQUE

Life by Misadventure

Pop rock
Life by Misadventure
Rag’n’Bone Man
Sony Music
★★★½