Le premier album d’Etienne Dufresne, Excalibur, est musicalement épuré, principalement acoustique, mais texturé par des emprunts à l’électro-pop ou au jazz.

Marissa Groguhé
Marissa Groguhé La Presse

La nostalgie est une source dans laquelle le musicien est allé puiser directement et sans retenue pour son premier album, qui exploite joliment les réflexions que la réminiscence lui amène. Excalibur est une collection de polaroïds, témoins de moments passés et de sentiments.

En début de disque, Les rois est planante, prend de l’ampleur à mi-chemin, pour totalement nous convaincre avant la fin. La pièce-titre ensuite, comme un voyage dans le passé, nous enveloppe.

Etienne Dufresne se charge de la guitare et du clavier. Sa voix est toujours double, un effet qui lui permet de l’amener au-delà de ce qu’elle sait faire. Les musiciens qui l’accompagnent rendent bien les moments complexes qui ponctuent certaines chansons.

Cette musicalité profite aux paroles intelligibles, simples, mais intelligentes. « Je veux pas mourir à Montréal, je m’ennuie du monde normal », lance-t-il sur la jolie Rien. Dans l’eau, plus sexy, s’adresse pour une rare fois à l’autre. Jolicœur, au riff tout simple qui devient ensuite jazzy et entraînant, raconte une histoire au « tu », un premier amour que l’on reconnaîtra tous.

« Excalibur », c’est pour le début de quelque chose, le moment où l’on saisit ce qui nous rend maître de notre destinée. La pochette de l’album, que Dufresne a réalisé lui-même, en dit à elle seule beaucoup, comme un collage représentant les thèmes qui lui sont chers, personnels. On y voit cette épée, Excalibur, son année de naissance sur un t-shirt, une esthétique qui nous ramène au début des années 2000. Cet album est profondément personnel ; Dufresne ne contemple pas le monde extérieur, mais plutôt les années derrière lui et le moment où il se trouve.

Pour Etienne Dufresne, cet album est sans contredit son Excalibur, l’objet qui fait de lui un artiste à part entière, comme il en a toujours rêvé.

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IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON DE DISQUES

Excalibur

Pop
Excalibur
Etienne Dufresne
Chivi Chivi
★★★½