Il se presse à nouveau des vinyles au Québec ! Il faut se rendre dans le quartier Saint-Roch, à Québec, dans le bel espace lumineux de la Société des loisirs, qui est à la fois un café, un disquaire et un atelier artisanal qui fabrique des 33 tours.

Émilie Côté
Émilie Côté La Presse

(Québec) Lors de notre visite à la Société des loisirs, les vinyles du premier disque d’Étienne Dufresne, Excalibur, étaient tout chauds. Ou presque… Disons qu’ils venaient d’être pressés.

Plus de deux mois plus tard, voilà qu’ils sont mis en marché avec la sortie vendredi de l’album de 11 chansons.

Ce sont les premiers « bébés » de la Société des loisirs, projet lancé par Olivier Bresse, Audrey Lapointe et Jean-François Bilodeau, qui bénéficient aussi du soutien d’investisseurs pour leur commerce, qui est un café, un disquaire et une presse artisanale.

Avant 2014, la seule entreprise au Québec qui pressait des vinyles se nommait RIP-V. Elle était située à Saint-Lambert, mais elle a fermé. En 2019, The Vinylist a ouvert ses portes — aussi à Québec — et les affaires roulent.

Olivier Bresse et Audrey Lapointe ont fait beaucoup de recherches avant de se lancer dans la fabrique de 33 ou 45 tours. Il y a deux ans, ils sont notamment allés à Detroit, dans l’usine du label Third Man Records, propriété de Jack White. « Nous avons eu une visite de deux heures avec le directeur de la production », raconte Olivier Bresse.

La grande décision qui a été prise a été d’acheter de l’équipement neuf à l’entreprise torontoise LiteTone de Viryl Technologies. Les entrepreneurs de la Société des loisirs auraient pu se tourner vers l’usagé dans des encans en Jamaïque ou en Europe de l’Est. Or, c’était compliqué, et il fallait une mécanique et une technologie fiables. Il fallait surtout pouvoir bénéficier d’un service après-vente et d’une transmission du savoir-faire.

Des billes et une matrice

À l’arrière du café-disquaire, Olivier Bresse nous montre les immenses boîtes qui contiennent la matière première, soit les billes de plastique de PVC (polychlorure de vinyle).

Quand un artiste ou une maison de disques fait parvenir les fichiers musicaux finaux d’un album, la Société des loisirs les transmet à un studio qui en fera une gravure. À partir de celle-ci est ensuite fabriquée une matrice avec des sillons (d’une vitesse de lecture de 33 ou 45 tours). « C’est comme un négatif du vinyle », illustre Olivier Bresse.

  • Le pressage des vinyles se fait dans l’arrière-boutique avec de l’équipement tout neuf.

    PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

    Le pressage des vinyles se fait dans l’arrière-boutique avec de l’équipement tout neuf.

  • Le pressage des vinyles se fait dans l’arrière-boutique avec de l’équipement tout neuf.

    PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

    Le pressage des vinyles se fait dans l’arrière-boutique avec de l’équipement tout neuf.

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« Ensuite, la magie du pressage opère », lance-t-il en nous montrant la première machine, qui fait fondre les billes de plastique en une sorte de galet qui sera mis dans la presse avec les étiquettes. Une troisième machine viendra ensuite couper les surplus de plastique. L’étape finale est le refroidissement, puis le vinyle est prêt pour l’emballage.

Un service personnalisé

Olivier Bresse a travaillé dans le domaine de la restauration, notamment au Maelstrom Saint-Roch. Il a fait partie de plusieurs groupes, dont Valence. Comme musicien, il n’a pas aimé ses expériences de pressage de vinyles à l’étranger « sans contact humain ». Il aurait voulu avoir un service personnalisé comme celui qu’il offre à la Société des loisirs.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Olivier Bresse, cofondateur de la Société des loisirs

On peut même faire un lancement d’album ici pendant qu’on presse les vinyles.

Olivier Bresse, cofondateur de la Société des loisirs

Il faut par ailleurs souligner à quel point le grand local lumineux de la Société des loisirs est beau avec son plancher d’école en terrazzo. À l’heure actuelle, il y a une douzaine de places (distanciées) pour travailler… et il y a une belle sélection de vinyles dans le coin boutique.

Étant aussi un café et un disquaire, la Société des loisirs prend part à sa vie de quartier. Le commerce hybride est situé rue Dorchester, à côté de L’ANTI Bar & Spectacles. « Nous ne voulions pas être dans un parc industriel, mais au centre-ville », précise Olivier Bresse.

  • La Société des loisirs est à la fois un café, un disquaire et une presse artisanale.

    PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

    La Société des loisirs est à la fois un café, un disquaire et une presse artisanale.

  • La Société des loisirs est à la fois un café, un disquaire et une presse artisanale.

    PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

    La Société des loisirs est à la fois un café, un disquaire et une presse artisanale.

  • La Société des loisirs est à la fois un café, un disquaire et une presse artisanale.

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    La Société des loisirs est à la fois un café, un disquaire et une presse artisanale.

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À l’international, la Société des loisirs peut aussi compter sur « la petite communauté tissée serré » des presseurs de vinyles, qu’ils soient à Vancouver (Clampdown Record Pressing) ou en Nouvelle-Zélande (Holliday Records).

Olivier Bresse ne peut nous annoncer les titres des prochains albums du Québec dont la Société des loisirs fabriquera les vinyles, mais il assure que « de beaux projets s’en viennent ».

La Société des loisirs est ouverte les vendredis et samedis de 10 h à 17 h, dès à présent. Les heures d’ouverture en semaine seront annoncées sous peu.

Consultez le site de la Société des loisirs

Rectificatif :
Dans une version précédente du texte, nous avons titré que c’était le seul endroit au Québec où l’on presse des vinyles. Or, il existe une autre entreprise, Le Vinylist, aussi basée à Québec, qui assure ce service. Nos excuses.