La COVID-19 n’a pas eu raison de Marianne Faithfull. Remise d’une infection au coronavirus qui l’a poussée au bord du gouffre, la chanteuse anglaise revient des ténèbres une fois de plus, avec un nouvel opus conçu avec le collaborateur de Nick Cave, Warren Ellis.

Jean-Christophe Laurence Jean-Christophe Laurence
La Presse

She Walks in Beauty n’est pas à proprement parler un disque de chansons. Faithfull, 74 ans, récite plutôt des textes de grands poètes anglais des XVIIIe et XIXe siècles (Shelley, Keats, Byron, Wordsworth, Tennyson, Hood) sur des musiques planantes et sensibles d’Ellis.

On ne se lassera jamais de la voix râpeuse de l’ancienne égérie des Rolling Stones, qui sonne de plus en plus comme une mamie et de moins en moins comme une fumeuse.

Selon ce qu’on sait, la dame connaît ces textes depuis l’école primaire et les a toujours portés en elle. L’expérience et les épreuves de la vie donnent de la profondeur à ses interprétations d’Ozymandias, Ode to a Nightingale ou Lady of Shalott. Il y a des « thou », des « thee », il y a de grands élans noirs et romantiques déclinés à l’ancienne, avec une certaine émotion, il faut l’admettre.

Mais sans doute faut-il être de culture anglo-saxonne pour apprécier pleinement l’expérience. L’intérêt peut autrement s’estomper et les nappes musicales d’Ellis nous emporter dans une zone plus soporifique qu’onirique. Malgré tout le bien qu’il faut en dire, She Walks in Beauty nous perd en chemin, et plutôt au début qu’à la fin…

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IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

She Walks in Beauty

Poésie
She Walks in Beauty
Marianne Faithull et Warren Ellis
BMG
★★★