Alex Burger lancera vendredi Sweet Montérégie, joyeux premier album solo à la tendance country assumée. Entrevue avec un nouveau venu pas si nouveau que ça.

Publié le 21 janv. 2021
Josée Lapointe
Josée Lapointe La Presse

Il a été leader de son propre band, Caltâr-Bateau, mais est aussi bassiste pour Bon Enfant et Mon Doux Saigneur. Il a été finaliste aux Francouvertes en 2019, mais s’est aussi rendu aux quarts de finale de La voix l’automne dernier dans l’équipe de Pierre Lapointe. Alex Burger a emprunté bien des chemins avant d’arriver à ce premier album solo, pour lequel il était plus que mûr.

« Ça fait presque deux ans qu’il est commencé, mais sa sortie a été repoussée plusieurs fois, pour différentes raisons. On a failli le reporter encore cet hiver, mais là, j’ai dit non. Il faut qu’il sorte, il faut qu’il vive. »

Les reports n’ont pas eu que du mauvais, puisqu’ils ont permis à Alex Burger de le peaufiner et même d’écrire de nouvelles chansons qui ont remplacé de plus vieilles. « Au final, je pense qu’il est meilleur. »

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En tout cas, il y a quelque chose de merveilleusement anachronique dans ces 11 chansons dont la majorité célèbre la fête, les amours instables et les amitiés avinées, alors que nous sommes enfermés chez nous depuis des mois. Alex Burger en est conscient et espère qu’il procurera quand même du plaisir aux gens.

« J’ai lu que c’est la musique ambiante qui avait la cote en ce moment. Je regarde ma pochette, je ne suis pas trop de mon époque, debout sur mon char avec ma guitare ! »

Écriture festive

Album d’adulescent ou de passage à l’âge adulte, lui-même ne sait pas trop, Sweet Montérégie est un peu une porte qui se ferme pour Alex Burger, qui avait envie de synthétiser ces années où il a fait beaucoup de tournées au Québec.

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« Là, je suis en train de gosser des nouvelles tounes et je sens que ce sera un peu différent », dit le chanteur qui vient d’avoir 30 ans.

Mais il y aura toujours la fibre un peu puérile que j’aime bien. J’aime l’écriture festive qui arrive à dire des choses plus profondes. On peut comprendre beaucoup de choses dans une phrase drôle.

Alex Burger

Amoureux des « langues québécoises », Alex Burger utilise un langage parlé et vernaculaire. Il fait rimer « wack » avec « tabarnak », préfère les jeux de mots aux métaphores, cultive une légèreté certaine et manie autant l’humour que l’autodérision.

« Quand on rit de soi, on est plus à cœur ouvert. J’aime la vibe party et ça fait partie de moi, mais j’ai l’impression qu’on se comprend tous dans cette vulnérabilité. À part deux tounes écrites vraiment pour les shows, le reste est très près de moi. Je ne peux pas trop me cacher derrière rien. »

Pas pour rien que la majorité des chansons sont ouvertement country : il aime justement le côté direct, simple et sans artifice de ce genre dans lequel il a grandi. « J’ai eu comme un éveil il y a deux ans. C’est comme si j’étais tombé en amour avec quelque chose que je connaissais bien et que j’avais renié pendant des années. »

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Le country, aime-t-il dire aujourd’hui en souriant, est « la seule vraie musique », vers laquelle on retourne à la mi-vingtaine quand la vie nous brasse un peu. « Quand tu pognes une débarque, que tu te rends compte que ton cœur vient de se briser, qu’il y a moins de monde autour. Et que tout d’un coup, c’est moins drôle. »

Bien sûr, il y a d’autres influences dans Sweet Montérégie, du rock, du funk. Alex Burger estime d’ailleurs qu’il n’a pas fait encore son « gros » album country et que le projet se dessine tranquillement.

Le country, c’est basé sur la sincérité et la vérité, et si tu ne peux pas voyager, vivre, jouer, rencontrer du monde, c’est un peu difficile de concrétiser tout ça.

Alex Burger

Il s’ennuie de ses discussions avec Daphné Brissette, de Bon Enfant, et Emerik St-Cyr Labbé, de Mon Doux Saigneur, deux groupes au sein desquels il officie comme bassiste. Alex Burger aime bien s’intégrer à des univers différents du sien et s’en nourrir, être parfois « musicien engagé », parfois frontman, et y trouve son compte et du plaisir.

« J’adore jouer sur plein de choses, et après quand j’arrive sur mon projet, je me sens focus. » Reste que sa carrière d’auteur-compositeur occupe « la majeure partie » de ses « réflexions mentales », ce qui explique son impatience par rapport à la sortie du disque. « J’ai hâte de voir la réaction des gens, j’ai hâte de voir la suite. »

Après La voix

Sweet Montérégie arrive quelques mois après qu’Alex Burger eut participé à La voix, un choix qui peut sembler surprenant vu son parcours plus champ gauche, mais qu’il ne regrette pas. Il avoue s’y être présenté un peu en « arrogant baveux », mais dit qu’il y a fait des rencontres avec des gens intéressants, que l’expérience a été bénéfique et qu’il est satisfait de son parcours.

« Je suis content pour vrai d’y être allé. Si je ne l’avais pas fait, je me serais demandé longtemps : est-ce que j’aurais dû ? »

Le chanteur espère maintenant que les spectacles reprendront et affirme qu’il est là pour de bon.

« Avec la pandémie, je me suis demandé si je n’allais pas faire autre chose, mais je suis toujours en train d’écrire dans mon cahier. C’est ça l’affaire, je vais être tannant, je suis là pour un bout. Je m’excuse. »

IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON DE DISQUES

Pochette de l’album Sweet Montérégie, d’Alex Burger

Country-rock
Alex Burger
Sweet Montérégie
Big in the garden

L’album sort le vendredi 22 janvier.