L’auteur-compositeur-interprète canadien originaire de Fredericton est peu connu ici, et c’est bien dommage.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Inspiré des grands courants de la musique populaire du XXe siècle, entre le jazz, la bossa-nova, le rock et le country, David Myles s’est bâti en une douzaine d’albums une carrière d’une grande cohérence.

Son précédent album, Le grand départ, son seul en français, était un petit bijou, et Leave Tonight l’est tout autant.

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Porté par une grande douceur, un classicisme assumé et une ambiance acoustique raffinée, cet album réalisé par James Bunton, qu’il a concocté avec ses vieux complices Kyle Cunjack à la contrebasse et Alan Jeffries à la guitare, est d’une rare élégance.

Leave Tonight est en fait une déclaration d’amour : à sa conjointe, au quotidien, aux sentiments qui survivent à l’épreuve du temps. Et on se demande en l’écoutant quand on a entendu pour la dernière fois des chansons d’amour aussi sincères, aussi touchantes de simplicité, aussi criantes de vérité.

Aussi sensuelles aussi — le rythme est souvent lent, quoique transporté par le tempo délicat des percussions de Joshua Van Tassel, et si le « slow » se dansait encore, Leave Tonight pourrait en être l’excellente trame sonore.

PHOTO TIRÉE DU WEB

Leave Tonight, de David Myles

Il n’y a pas que cela, bien sûr, sur cet album : on part aussi en road trip, on se fait raconter des histoires de bar d’hôtel, et il y a à la toute fin une chanson quasi religieuse, hommage à son père mort récemment.

Le tout est lié par la voix claire et limpide de David Myles, sa mélancolie émouvante qui n’en fait jamais trop, et qui touche le cœur tout en respectant l’intelligence des auditeurs. Du grand art chansonnier. 

★★★½

Chanson. Leave Tonight. David Myles. Little Tiny Records.