Cela fera 20 ans le 8 mai que Dédé Fortin, qui aurait 57 ans, s’est donné la mort. Nous avons parlé à une douzaine d’artistes plus jeunes qui n’ont jamais côtoyé le leader des Colocs, mais qui portent tous en eux une partie de son héritage.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

L’artiste

PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE

Dédé Fortin et les Colocs en spectacle, le 4 novembre 1998

« Dédé, c’est beaucoup de monde en même temps. La poésie de la rue comme une arme. Il a toujours été le porte-voix de ceux qu’on n’écoute pas. Il rendait ça simple à comprendre et à digérer pour les autres. »

Pour l’auteur-compositeur-interprète Philippe Brach comme pour la majorité de ceux et celles à qui nous avons parlé, Dédé Fortin est l’exemple même de l’artiste entier dont on admire autant la démarche que le travail. « C’était “no bullshit”, ça n’avait jamais l’air faux », affirme la poète Erika Soucy.

« Je ne sais pas si j’ai été influencée par Dédé, mais j’éprouve un très grand respect pour son œuvre », dit Klô Pelgag, qui constate que Dédé a réussi à faire sa place dans la culture populaire très rapidement avec « des thèmes super larges », puis avec « un album plus deep et vulnérable ».

« Dédé est un artiste qui m’a beaucoup rejoint et touché, dit de son côté le rappeur Koriass. Quand j’étais enfant, ma mère faisait jouer la cassette de l’album Atrocetomique. C’est un album qui m’est rentré dedans. C’était ma première rencontre avec Dédé Fortin. »

En fait, les chansons des Colocs ont fait partie de la vie de tous les artistes à qui nous avons parlé – même de celle de Gab Bouchard, qui vient de lancer un premier album écorché qui n’est pas sans rappeler le Dédé de Juste une p’tite nuite, et qui n’avait même pas deux ans lorsque le chanteur est mort.

Elles ont accompagné leur enfance, leur adolescence, leur entrée dans l’âge adulte. Pour eux, Dédé Fortin est autant une influence qu’une « légende » — c’est le cas de Gab Bouchard — ou une figure mythique.

PHOTO CHANEL SABOURIN, TIRÉE DU COMPTE FACEBOOK DE DAVID MARTIN

Dédé, pour moi, c’était tellement une admiration. Il est partout, dans les convictions, l’inspiration, la façon de jouer avec le québécois, le métissage, l’ouverture, le musical et le politique. Ça avait presque un côté spirituel.

L’auteur-compositeur-interprète David Marin, qui avait 25 ans en 2000

« Dédé a tellement habité nos adolescences », dit Anaïs Barbeau-Lavalette, qui se souvient d’une présence « joyeuse, dansante, percussive, incarnée ». Avec le recul, la cinéaste et autrice de 41 ans voit à quel point Dédé Fortin a été une sorte de « perle rare » dans l’histoire du Québec. 

« Des artistes de cette profondeur, des absolutistes, qui ont soif d’espérance, qui aspirent à plus grand, qui tirent vers le haut, qui nous reflètent comme étant l’impossible porteur de grands idéaux, j’ai l’impression qu’il n’y en a peut-être pas eu tant que ça », dit-elle.

Les mots

PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE

C’est probablement par la québécitude assumée de son écriture que Dédé Fortin aura eu la plus grande influence.

« Comme Desjardins, comme Plume, il est rapidement devenu pour moi une des bases de c’est quoi faire de la chanson ici », dit David Marin, qui estime que l’influence de Dédé l’a surtout aidé à « définir sa personnalité artistique ».

« Plus encore que Leloup que j’adorais, mais qui me donnait plus l’impression d’être un artiste international. Dédé, c’était directement branché dans les racines. »

Emerik St-Cyr Labbé, qui fait de la chanson sous le nom de Mon Doux Saigneur, se souvient que pour lui, Dédé « n’avait pas d’accent ».

« Dédé, tu savais que c’était québécois, dit le chanteur de 29 ans. Je ressentais la proximité. En vieillissant, j’ai su que c’était comme ça que j’allais chanter. Que je ne pourrais pas utiliser un autre registre. »

Même son de cloche du côté de Koriass.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Il m’a influencé par sa façon de parler, très joual, très québécoise, très fidèle à lui-même. C’est un des artistes qui m’a poussé à le faire moi aussi. À rapper comme je parle, à être fier de ce joual qui est unique au monde.

Koriass

Dédé a d’ailleurs influencé autant un rappeur comme Koriass qu’une poète comme Erika Soucy.

« Quand j’ai commencé, on disait que j’étais l’héritière de Patrice Desbiens, de Josée Yvon, mais je ne les avais jamais lus ! » dit l’autrice, qui estime que Dédé « scrappait un peu le vernis » en osant parler de pauvreté et de prolétariat.

« De manière inconsciente, je crois que je suis plutôt l’héritière de la poésie, du rythme, de l’oralité de Dédé. De cette musique et de ces paroles que j’ai entendues pendant toute mon enfance. »

Même chose pour l’auteur et scénariste Samuel Archibald, qui arrivait à la fin de l’adolescence lorsque Les Colocs étaient à leur sommet. Il estime avoir intégré indirectement la manière de Dédé Fortin, qui en a aussi beaucoup fait pour les artistes des « régions ».

« Pour un gars d’Arvida comme moi, c’était intéressant. C’était la fin d’une dichotomie. Il faisait des tounes sur Normandin, mais il était dans un groupe qui évoquait la vie dans les squats à Montréal. »

Gab Bouchard avoue avoir été « totalement influencé par l’écriture de Dédé », sa nostalgie et sa tristesse « malgré des moments de joie pure » et sa capacité à raconter des histoires. « Il écrivait plus des moments que des romans. »

L’engagement

PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE

À travers et au-delà du musicien, il y a eu Dédé Fortin l’humaniste, le militant poète, le souverainiste ouvert sur le monde. « Je me demande souvent comment il vivrait tout ce qui se passe aujourd’hui (pas juste le virus), je me plais à croire qu’il serait encore en avant malgré lui, dit Philippe Brach. Sûrement à la même place qu’avant ; tout près, au service des choses fondamentales. »

Émile Bilodeau, qui est celui qui se réclame le plus ouvertement de Dédé Fortin, se compare au chanteur des Colocs dans cette soif d’assumer sans compromis son identité et de voir le Québec faire pareil.

« Toute ma vie, j’ai crié qui j’étais, affirme Bilodeau. Si mon peuple était capable de faire la même chose, je me dis que ça pourrait aller aussi bien pour lui que pour ma carrière. On pourrait être libres de qui nous sommes. Ça aussi, ça a fait partie prenante de qui était Dédé. […] Il était le porte-parole d’une bonne gang. Aujourd’hui, il aurait pu nous parler de diversité culturelle au Québec, de loi 21. Il aurait eu des choses importantes à dire. »

Quant aux textes de Dédé, ils parlent d’eux-mêmes, dès l’album homonyme de 1993, en passant par Atrocetomique, lancé le jour du référendum en 1995, jusqu’à l’ultime opus, Dehors novembre. Dédé est passé par ses chansons pour parler des problématiques sociopolitiques, d’injustice, de la misère des laissés-pour-compte, parfois abordées de front, parfois à travers une sévère ironie.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Dédé Fortin a une écriture vraiment humaine, presque ethnologique. Je pense que c’est un des seuls auteurs-compositeurs-interprètes à avoir parlé des thèmes sociaux comme le chômage [Bon Yeu], la maltraitance infantile [Dédé], l’itinérance [Passe-moé la puck], l’exode rural et la mondialisation [La rue principale] sans que ce soit ringard.

Lydia Képinski

Aux yeux de Mon Doux Saigneur, la musique de Dédé Fortin sera écoutée et réécoutée au-delà du divertissement. Son message porte une valeur essentielle. « Dédé voudrait qu’on se tienne les coudes comme peuple et citoyens et humains plutôt qu’on chante ses chansons ou qu’on le mette sur un piédestal, dit-il. C’est l’engagement, la musique et le pouvoir de la musique qui l’animaient le plus. »

C’est aussi ce que pense Anaïs Barbeau-Lavalette. « Sa foi en l’humanité, son amour pour le monde au complet, ces gens qu’on ne regarde pas, qui tombent dans les craques, ce sont eux qui lui donnaient envie de gueuler et de taper du pied. »

Samuel Archibald pense au poids d’une telle perte pour les Québécois, encore aujourd’hui : « Le post-95, l’engagement, la perspective qu’il avait pour la souveraineté, le social, le multiculturalisme à la québécoise… je pense que tout ça nous manque beaucoup. »

Les explorations musicales

PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE

« Dédé était totalement engagé dans la souveraineté, mais aussi dans le métissage et l’ouverture », affirme Samuel Archibald. Sa musique en témoigne pleinement. « En particulier Tassez-vous de d’là, qui parle d’un junkie et de problèmes de santé mentale, mais avec un refrain en wolof », note l’écrivain et scénariste, qui souligne que malgré son énergie festive et dansante, le groupe abordait des sujets difficiles.

Akena Okoko, alias KNLO, du groupe de rap Alaclair Ensemble, perçoit d’ailleurs Tassez-vous de d’là comme « un grand classique reggae joual québ ».

Pour Klô Pelgag, « Dédé a fait partie d’un courant des années 1990-2000 très reconnaissable du côté de l’esthétique des arrangements ».

PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

Klô Pelgag

« Avec ses textes, il était parmi les artistes qui racontaient des choses profondes, tout en y mettant parfois des arrangements qui ont un côté klezmer — par exemple avec Belzébuth. Je pense que c’est un des seuls à avoir fait ça », remarque de son côté l’auteure-compositrice-interprète Lydia Képinski.

À travers leurs sonorités enjouées, leur rock ouvert aux influences d’ailleurs, Les Colocs ont souligné à gros traits l’importance qu’ils portaient à l’éclectisme de leur répertoire. Le tout en gardant une essentielle cohérence.

« Son approche musicale a été très importante pour moi, témoigne le rappeur Koriass. Une approche homogène, avec des albums qui s’écoutent bien du début à la fin, avec un fil qui lie toutes les chansons. C’est un des artistes qui m’a inspiré à en faire de même. »

« Il y a plusieurs classiques [des Colocs] qui traversent le temps, qu’on va continuer d’entendre tout le temps, affirme David Marin. Par le côté inventif du métissage, qui continue d’exister, qui ne s’est pas démodé. Et Dédé s’est inscrit dans une démarche tellement honnête, du sentiment brut, qui fait en sorte que tu vas toujours être touché. »

Ce côté brut se reflète dans l’aspect très percussif de sa musique, ajoute Anaïs Barbeau-Lavalette, qui écoute la musique des Colocs avec ses enfants. « Nos deux plus jeunes prennent des cours de gigue. Et Dédé, quelque part, il faisait de la gigue, du tap danse. C’est ça qu’on met dans la maison pendant la pandémie, c’est sa musique à lui qui habite par moments notre confinement. Ça nous ramène à nous, à notre besoin d’être ensemble, à nos racines. »

Le performeur

Festival d’été de Québec, 1999. Les Colocs lancent leur performance avec Belzébuth. Dédé Fortin danse, saute sur place, bat des bras, s’exprime avec ses mains et son visage comme avec sa voix. Tout son corps est au service de sa performance. Une heure durant, il est difficile de le quitter des yeux.

« Il maîtrisait tellement l’art de se donner corps et âme. Je pense que tous ceux qui aujourd’hui sautent et dansent, il faut vraiment ramener ça à Dédé », croit Émile Bilodeau.

L’auteur-compositeur-interprète évoque les performances de claquettes et le talent de percussionniste de Dédé Fortin. Mais aussi « sa manière de parler au public, d’être cool, de nous garder aux aguets ».

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Il avait le talent d’être un entertainer. Des artistes qu’on voit aujourd’hui — je pense à Hubert Lenoir qui se lance dans la foule, à Les Louanges ou à Lydia [Képinski] qui se laissent aller —, ils sont tous décomplexés grâce à lui. Je trouve qu’on est tous rendus de même grâce à lui.

Émile Bilodeau

Émile Bilodeau connaît les gestes et l’énergie de Dédé même s’il n’a jamais pu le voir sur scène. D’ailleurs, le chanteur de 23 ans se souvient, enfant, d’avoir demandé à sa mère d’aller à un concert des Colocs. C’est alors qu’il a appris que son idole n’était plus de ce monde. « Ç’a été un choc. J’écoutais son premier album et je l’imaginais comme quelqu’un de vivant, d’éclaté. Quand on m’a dit qu’il était mort, c’est comme si ça ne se pouvait pas », raconte Bilodeau.

Dédé Fortin le disait lui-même : en spectacle, même ses paroles plus sombres étaient souvent accueillies par une foule qui dansait. « Notre show est très vivant, disait-il en entrevue à l’émission De bouche à oreille, en 1999. À certains moments, le focus est plus sur le texte. Mais en général, tout le monde s’amuse beaucoup. On n’a pas le temps de réfléchir aux textes. »

L’auteur-compositeur-interprète David Marin, lui, se souvient bien des Colocs en concert. « À la sortie du troisième album, Dehors novembre, on est allés voir le show au Corona. Il y avait les frères Diouf, un clarinettiste… Dédé nous emmenait dans un autre monde. C’est un des spectacles les plus marquants de ma vie. Et, quelques mois plus tard, la disparition et la fin abrupte. »

L’héritage

PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE

« Je vois des jeunes artistes parfois et je me dis : “oh, ça a mangé une couple de bols de Dédé Fortin quand c’était petit, ça !” », s’amuse David Marin, qui estime que pour un auteur-compositeur québécois, « ne pas côtoyer Dédé Fortin et Les Colocs et passer à côté de cette espèce de professeur-là, ce serait se priver de quelque chose. C’est un point d’ancrage dans l’histoire culturelle du Québec ».

Salomé Leclerc, qui a chanté Le répondeur et Dehors novembre lors de spectacles collectifs, estime que ces chansons sont parmi les plus touchantes qu’elle connaisse. « Tu pognes de quoi quand tu y plonges vraiment », dit la chanteuse qui a grandi avec la poésie de Dédé « de près, de loin ».

« C’est touchant et beau de voir que même après 20 ans, sa mémoire et ses chansons résonnent encore et que sa marque restera indélébile. » Et on retrouve sa trace même du côté du rap québécois. « Alaclair Ensemble marche en quelque sorte dans les pas de Dédé Fortin », estime KNLO.

Mais son héritage va au-delà de l’œuvre, croit Klô Pelgag. « J’ai l’impression qu’il est célébré dans le langage commun et dans l’imaginaire collectif. »

C’est aussi ce que pense Philippe Brach.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Dédé a laissé en nous le genre de choses qui reste même auprès de ceux qui ne prennent plus le temps d’écouter sa musique. Un désir de justice, d’égalité, d’ouverture. Ça, c’est un héritage qui va continuer de traverser le temps. C’est un héritage universel.

Philippe Brach

« J’aurais aimé que Dédé soit là pour voir l’influence qu’il a eue, surtout dans l’espèce d’horizon bouché dans lequel il vivait les dernières années », dit d’ailleurs Samuel Archibald.

Car si on parle encore de lui 20 ans plus tard, c’est aussi « parce qu’on est obligés de se priver de lui », rappelle Anaïs Barbeau-Lavalette. « Il incarnait quelque chose de tellement beau. Il y avait du love dans son énergie ! On reste traumatisés de s’être fait arracher un grand vivant comme ça. »

C’est justement du Dédé festif qu’Émile Bilodeau veut se souvenir. « Dédé voulait faire du bien autour de lui. C’est triste parce qu’il symbolise la défaite d’un rêve. Mais il faut se rappeler le bon et panser les plaies. Il nous a rassemblés, il nous a fait chanter en wolof, il a mis une brique dans ce que c’était le Québec, dans ce que c’est encore aujourd’hui. »

Koriass se souvient d’avoir interprété des chansons des Colocs lors de spectacles de la fête nationale. « Tout le monde ou presque connaissait les chansons. J’ai senti tout cet amour du Québec pour lui. »

C’est exactement ce que pense Émile Bilodeau. « Dédé a mis de la joie dans nos vies, il faut s’en rappeler. À chaque Saint-Jean, chaque Noël, chaque party, il est là avec nous. Ce qui fait en sorte qu’il est immortel. »

La liste parfaite

« Quelle est votre chanson préférée des Colocs ? », avons-nous demandé à une douzaine d’artistes. Voici leurs réponses.

Klô Pelgag : Le répondeur

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

Klô Pelgag a désigné Le répondeur comme étant sa chanson préférée des Colocs. « Pour des moments comme : “La vie c’est court mais c’est long des tits bouttes” et plein de petites phrases pleines de transparence et de vérité », dit l’auteure-compositrice-interprète. Il s’agit aussi du titre favori de Koriass sur son disque préféré des Colocs, Dehors novembre, qu’il décrit comme un « album empreint de tristesse et de détresse ».

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Érika Soucy : Juste une p’tite nuite

PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Cette chanson de rupture déchirante est la préférée de trois des personnes à qui nous avons parlé. « C’est tellement écorché, dit Érika Soucy. Il parle d’amour dans un langage prolétaire, une phrase comme “Fais-moi accroire que j’pas clairé”, c’est vraiment beau. » « Je l’ai tellement écoutée… et je l’écoute encore des fois », dit quant à lui Gab Bouchard. Lydia Képinski, elle, apprécie le côté « cruel, irréversible et ténébreux » de cette chanson, tout comme plusieurs autres écrites par Dédé, dont Dehors novembre et Belzébuth.

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Salomé Leclerc : Dehors novembre

PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

La chanson de plus de six minutes, sur laquelle Dédé déclame ses mots plus qu’il ne les chante, est une « des plus touchantes » aux yeux de Salomé Leclerc, qui l’a interprétée lors d’un show hommage à Dédé Fortin, à Granby, en 2016. Au même titre que Le répondeur, qu’elle a aussi déjà chanté sur scène, elle qualifie Dehors novembre de « grand défi ». « Tu pognes de quoi quand tu y plonges vraiment ! », lance la chanteuse.

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Koriass : Dédé

PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL

Dédé est un des titres favoris de Koriass, qui a toujours apprécié dans l’écriture de Dédé Fortin sa façon de parfois parler de lui-même à la troisième personne. « Il parle du petit peuple, de son voisinage et de comment garder la tête froide avec toute cette “mongolerie” autour de toi », relève le rappeur.

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Émile Bilodeau : Belzébuth

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

« Écouter Belzébuth, ça me décoince », dit Émile Bilodeau, qui trouve difficile d’avoir à jongler avec le format radio comme auteur-compositeur. « Quand je l’entends, je me dis qu’un jour, je vais l’écrire, ma toune de 8 minutes ! C’est une belle chanson qui parle de liberté et de la complexité à sortir de son confort. »

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Samuel Archibald : La rue Principale

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Samuel Archibald a des souvenirs impérissables de l’été où tout le monde au Québec chantait Tassez-vous de d’là, et l’album Dehors novembre lui a beaucoup parlé lorsqu’il a commençait comme écrivain. Mais il reste attaché aux chansons du premier disque, qu’il a tant écouté. « J’aime beaucoup La rue Principale, Passe-moé la puck… Je les connais toutes par cœur. »

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Anaïs Barbeau-Lavalette : Julie

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

« C’est sûr qu’à 40 ans, Belzébuth et Dehors novembre, je les nomme comme mes préférées, dit Anaïs Barbeau-Lavalette. Mais si je remonte à l’époque où j’écoutais Les Colocs, sans avoir le zoom out sur l’artiste total que Dédé était, ma chanson, c’est Julie, sur laquelle j’ai tellement dansé avec mes amis. »

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David Marin : Tellement longtemps

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ARTISTE

Plusieurs chansons des Colocs figurent dans les playlists de David Marin, et certaines, comme Belzébuth, sont pour lui de véritables œuvres de génie. Mais Tellement longtemps reste sa chanson défouloir préférée, encore maintenant. « Pour sacrer le volume dans le fond et la hurler dans mon char… Pour moi, c’est aussi libérateur que quand j’ai découvert Rage Against the Machine. »

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Mon Doux Saigneur : Passe-moé la puck

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

En réécoutant le répertoire des Colocs, Mon Doux Saigneur a arrêté son choix sur Passe-moé la puck. « Le mix est drôle, j’aime l’analogie, le refrain. C’est une belle image, surtout que le hockey au Québec c’est tellement fort. »

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KNLO : Tassez-vous de d’là

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Le groupe rap Alaclair Ensemble fait « souvent référence à Tassez-vous de d’là durant [ses] animations entre les chansons » pendant ses spectacles, nous indique KNLO. Pour lui, cette chanson est « un grand classique reggae joual québ ».

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