Marie-Gold, ancienne de Bad Nylon, présente son premier album complet en solo : Règle d’or. Remises en question personnelles, critique sociétale et critique de son « boy », exercice inéluctable de fanfaronnade : il y a de tout, et tout est bon sur cet album.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

La rappeuse s’est armée de beats solides et de lignes bien travaillées pour un premier essai convaincant. Marie-Gold se place de belle façon dans le mouvement trap franco avec Règle d’or, créé avec des producteurs québécois, belges et français. 

Mais la rappeuse, habituée à l’autoproduction, ne s’arrête pas là. Les tonalités rétro maîtrisées, les intonations dansantes où le hip-hop fréquente la pop et le R&B, la tentative dancehall : si l’exploration n’est pas sans faille, Marie-Gold a le mérite d’avoir voulu se dépasser. 

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Dans Goélands, avec Kirouac et Lydia Képinski, elle raconte la fête, quand tout ce qui peut être consommé l’est. S.W.T.I.D parle aussi de l’excès, cette fois de cannabis. Sur cet album, en touchant au personnel souvent, la rappeuse montre ses couleurs plus que jamais. Sur Jack, elle évite le piège de trop faire dans la vantardise, tout en s’affirmant. Marie-Gold veut « [sa] part du gâteau mais pas les miettes », rappe-t-elle. 

IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Règle d’or, de Marie-Gold

Pousse ta luck, bien que répétitive (ce qui lui donne, finalement, l’avantage d’être impossible à se sortir de la tête), a un rythme des plus entraînants. Certains refrains ont, ailleurs, une faiblesse du rabâchage. Mais sur Aucun bling, Cracher sur vos tombes, Doser (avec la géniale J-Kyll)… on apprécie autant la prose que les beats.

★★★½

Hip-hop. Règle d’or, Marie-Gold, CFM Musique.