C’est facile de faire de la musique pop. Ce l’est moins d’atteindre l’excellence, surtout quand la sortie de son album a été maintes fois reportée. Or, avec son cinquième opus, Miss Anthropocene, Grimes y parvient avec brio. La direction artistique, les chansons, leur enchaînement, leur propos, leur vision, leur pouvoir d’évocation, leur éclectisme, tout y est… 

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

D’une durée de six minutes, la pièce d’ouverture, So Heavy I Fell Through the Earth, projette l’auditeur en orbite grâce à une mélodie méditative et à la voix céleste de Grimes. Sur son album, Grimes décrit toutefois un monde sombre, ébranlé par les algorithmes, les changements climatiques et les opioïdes. 

IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Miss Anthropocene, de Grimes

Grimes a toujours nourri une fascination pour le mélange entre les arts et la virtualité. Elle aurait même rencontré le milliardaire Elon Musk après lui avoir lancé une blague de geek sur l’intelligence artificielle sur Twitter. C’est par ailleurs sous la forme d’un avatar (nommé WarNymph) que Grimes, enceinte, assurera la mise en marché de Miss Anthropocene

>>> Extrait de You’ll Miss Me When I’m Not Around

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Mais revenons plutôt à la musique. Il y a sur cet album des bijoux pop (Violence, Before the Fever) et une insolence rock (My Name is Dark, We Appreciated Power). Les chansons New Gods et Idoru sont grandioses. Même les guitares pop font mouche sur Delete Forever (chanson où Grimes raconte la perte de six amis morts d’une surdose). 

Dire qu’il y a 10 ans, Grimes – née Claire Boucher à Vancouver – vivait à Montréal et multipliait les petits spectacles dans le Mile End. Soulignons aussi qu’elle porte le chapeau de réalisatrice, chose très rare pour une star pop de son calibre. Chapeau !

★★★★

Pop. Miss Anthropocene, Grimes, 4AD.