Mélodie conventionnelle au tempo saccadé, guitare glissante typée, voix nasillarde… C’est sous une couche de sonorités nashviliennes – qui plaira à un public plus conservateur – que s’ouvre And It’s Still Alright, nouvel album solo de Nathaniel Rateliff, connu principalement par les amateurs du genre pour être à la tête du groupe The Night Sweats.

Philippe Beauchemin Philippe Beauchemin
La Presse

IMAGE FOURNIE PAR STAX RECORDS

And It’s Still Alright, de Nathaniel Rateliff

Si les airs entendus mille fois sur les ondes des radios FM du Sud dominent la première partie – bancale –, l’artiste propose dans le deuxième acte six compositions où le country devient alternatif, ouvert, et même inventif : il se bonifie ainsi au contact d’un folk classique espéré – Tonight #2 est une analogie certaine et un hommage à la musique jouée à une époque par notre Leonard Cohen – et d’agencements vivifiants à saveur gospel et soul – Mavis s’élève, céleste, grâce à la présence d’un chœur ecclésiastique –, avant de se dénuder en fin de parcours, sur la pièce Rush On, où la voix de Rateliff prend d’abord son envol avant de retomber, brisée par l’émotion, sous le poids d’un texte où il est question de la mort récente de Richard Swift, ami et réalisateur de longue date du chanteur. 

>>> Extrait de Mavis

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And It’s Still Alright est un album en deux temps, et on préfère nettement la deuxième partie, où Rateliff nous semble plus authentique.

★★★

Country, alt-country. And It’s Still Alright, Nathaniel Rateliff, Stax Records.