Dimanche, le hip-hop « engourdi » et les tatouages sur le visage seront à l’honneur au Centre Bell, alors que Post Malone, Swae Lee et Tyla Yaweh seront de passage à Montréal. Ces deux derniers ne sont pas (encore) des têtes d’affiche, mais la présence de Post Malone dans le paysage pop est aujourd’hui indéniable.

Pascal LeBlanc Pascal LeBlanc
La Presse

Merci Mac Miller

Une chanson. Parfois, c’est tout ce qu’il faut. Parfois, le succès prend fin aussi vite qu’il a commencé. C’est ce que beaucoup croient, en 2015, lorsque Post Malone lance White Iverson – en référence à l’ancien joueur de la NBA, Allen Iverson. Les carrières des artistes découverts par l’entremise de la plateforme SoundCloud sont généralement assez courtes. Mais parfois, un coup de main peut tout changer. Dans le cas présent, il s’est manifesté sous la forme d’un tweet du regretté Mac Miller. Alors que White Iverson fait son bout de chemin sur SoundCloud, Miller – puis Wiz Khalifa – publie le lien vers la pièce sur son fil Twitter. Bien évidemment, ce simple geste permet à la chanson d’atteindre les oreilles de milliers d’autres personnes, mais aussi d’attirer l’attention des maisons de disques. Un clip, des millions de vues et quelques mois plus tard, Post Malone signe un contrat avec Republic Records, filiale de Universal.

Extrait de White Iverson

West et Bieber

La carrière d’Austin Richard Post, son vrai nom, prend réellement son élan à partir de ce moment. Une prestation au 18e anniversaire de Kylie Jenner lui permet de rencontrer Kanye West, ce qui mène à sa présence sur la pièce Fade, troisième extrait de l’album The Life of Pablo du réputé artiste de Chicago. « Posty » propose un mixtape gratuit intitulé August 26th, le 12 mai 2016. Quatre jours plus tard, il monte sur la scène du Centre Bell en première partie de Justin Bieber dans le cadre de sa tournée Purpose. Les deux chanteurs développent une belle amitié et enregistrent le titre Deja Vu, qui contribue à gonfler les attentes en vue du premier album officiel de Post Malone. Stoney est finalement offert un peu avant la fin de cette année-là. Propulsé par Congratulations – qui compte aujourd’hui plus de 1 milliard de vues sur YouTube –, il atteint le sixième rang du palmarès Billboard. En août 2018, Stoney bat le record de Thriller, de Michael Jackson, grâce à sa 77e semaine consécutive au sein du palmarès R & B et hip-hop.

Extrait de Congratulations

Réplique aux critiques

Avec le succès, Post Malone gagne des détracteurs. Ils doutent que le natif de New York puisse continuer à enchaîner les vers d’oreille, déplorent qu’il ne parle que de ses excès et de ses richesses ou l’accusent d’appropriation culturelle. En entrevue avec Rolling Stone, en 2017, Malone soutient qu’il faut « tendre vers l’égalité, dans les deux sens. Grâce au pouvoir de la musique, on peut aller au-delà des tares du monde et en faire un plus bel endroit. » Anxieux et solitaire avoué, Post Malone répond à ses haters en leur balançant le mégatube Rockstar, collaboration avec 21 Savage. La pièce reste huit semaines au sommet du Billboard et totalise aujourd’hui plus de 1,8 milliard d’écoutes sur Spotify. Quelques mois plus tard, les fans sont toujours au rendez-vous pour la parution de son deuxième opus, Beerbongs & Bentleys, qui obtient 78,7 millions d’écoutes sur Spotify le jour de sa sortie, un record à l’époque. L’album est cité quatre fois au prix Grammy de 2019, mais repart bredouille.

Extrait de Rockstar

Mélange des genres

En septembre 2019, avant la sortie de son troisième album, Hollywood’s Bleeding, Post Malone confie à Zane Lowe sur la station Beats 1 qu’il « n’essaie pas de faire des hits, mais quelque chose qu’il aime ». Cela se sent et s’entend depuis ses débuts, mais l’artiste de 24 ans est plus qu’un rappeur qui chante en ajoutant des effets dans sa voix. Il vénère Bob Dylan, a grandi au Texas en écoutant le rock et le country de ses parents, a appris la guitare après avoir joué à Guitar Hero. Il a même fait ses débuts en musique au sein d’un groupe métal. Ses deux premiers albums ont démontré qu’il est un maître des mélodies. Sur son troisième, son virage pop est complet. Il recrute DaBaby, Future, Halsey, SZA, Young Thug, Travis Scott et… Ozzy Osbourne pour accomplir sa vision. Le résultat est éclectique, mais efficace. La musique de Post Malone s’apparente à un Long Island Iced Tea : les ingrédients sont assez forts séparément, mais une fois combinés, ils forment un mélange qui se boit facilement. Et assez rapidement, on atteint l’ivresse.

Extrait de Circles

Au Centre Bell, le 16 février