En quelques années, Ludovick Bourgeois a réussi à se faire un prénom. Le chanteur de 27 ans lance cette semaine son deuxième album, intitulé 2, dans lequel il assume complètement son statut de vedette de la pop. Nous avons parlé avec lui d’héritage paternel, de vie de tournée, de l’art du refrain qui punche et d’une foule d’autres choses.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Le deuxième album

Ludovick Bourgeois a lancé son premier album quelques mois à peine après sa victoire à La voix en 2017. « Tout s’est passé très vite. Il y avait une grosse machine en arrière qui poussait. Mais je suis hyper heureux de cet album parce qu’il m’a emmené là où je suis aujourd’hui. Il m’a permis de donner beaucoup de spectacles, je me suis énormément amélioré comme musicien, j’ai augmenté mon vocabulaire musical. » C’est fort de cette expérience qu’il s’est lancé dans la création de 2, qui lui ressemble davantage entre autres parce qu’il a eu plus de temps pour le faire. « J’ai été tellement plus impliqué dans chaque choix, dans l’écriture… Sur le précédent disque, j’ai écrit trois chansons ; dans celui-ci, j’en ai neuf. C’est comme renaître, carrément. »

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Le grand frère

C’est Fred St-Gelais qui a réalisé les deux albums de Ludovick Bourgeois, en plus de composer avec lui plusieurs chansons. « C’est un peu mon mentor en écriture. Il m’a donné grandement confiance dans mes moyens mélodiques, m’a laissé beaucoup de place tout en m’encadrant », explique le chanteur, pour qui l’as guitariste agit un peu comme un grand frère. « Il connaissait mon père, et c’est mon père qui l’a fait entrer dans ma vie pour le premier album. On rit souvent avec ça, c’est un peu comme s’il avait hérité de moi… » La complicité s’est développée malgré les 20 ans d’écart, et Ludovick Bourgeois voit en Fred St-Gelais le « gars d’équipe ultime, qui est là pour les bonnes raisons, pour que la chanson soit bonne ». Tout l’album est d’ailleurs le résultat d’un travail d’équipe, puisque les deux complices se sont adjoint les services du parolier vétéran Nelson Minville, en plus de recevoir des chansons d’autres auteurs. « Il y a eu beaucoup d’allers-retours avec chacun. »

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La lumière du père

Dans Le saut de l’ange, très jolie chanson qu’Ingrid St-Pierre a écrite pour lui, Ludovick Bourgeois parle de son père disparu. « C’est une suite à ma chanson Sur ton épaule, qui parlait d’accompagner un parent malade. C’est bizarre parce que c’est ma chanson la plus personnelle, mais elle n’est pas écrite par moi. Mais ça prenait ça, je pense, car je suis assez timide, et Ingrid a mis des mots sur une situation dont je n’aurais peut-être jamais voulu parler. » Le saut de l’ange parle de lumière : celle que Patrick Bourgeois a laissée et qui éclaire autant ce qu’il a été que son fils. « C’est sûr que j’aurais gardé mon père avant d’avoir une carrière. Mais je vis bien avec cet héritage. Je ne suis pas comparé à un meurtrier, mais à quelqu’un qui a réussi en musique au Québec, qui a vendu presque 1 million d’albums. Ce n’est pas lourd, au contraire. »

Écoutez un extrait du Saut de l’ange

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Le chanteur

Il a beau avoir remporté La voix, Ludovick Bourgeois ne se considère pas que comme un interprète. « J’ose penser que je suis un auteur-compositeur », dit-il en rappelant que Desert Song, la première chanson qu’il a écrite et qui figurait sur son premier disque, a été numéro un. Mais il admet que la clé de sa jeune carrière reste sa voix. « À La voix, je ne pense pas que j’étais le meilleur de la couvée. Techniquement, je ne suis pas le meilleur chanteur qui existe. Mais j’ai une couleur, une originalité, qui plaît aux gens. » Et un registre qui lui permet d’atteindre des notes très hautes, capacité mise en valeur dans chacune des chansons de l’album. « Ça, c’est ma signature ! dit Ludovick Bourgeois, qui compare le travail du chanteur à celui de l’athlète olympique, particulièrement en tournée. Surtout chanter des chansons comme ça. Sylvain Cossette m’a souvent dit : “t’es un athlète, fais attention.” Alors après un show, je ne fais pas le party, je ne parle pas fort. Pas le choix. Si je veux être dans la ligue des grands, faire les gros circuits de spectacles, il faut assumer de travailler en fonction de ça. »

Écoutez un extrait de Héros

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La pop

« Je n’ai pas peur de la pop. C’est ce que je fais, et je n’y vais pas de reculons. » Ludovick Bourgeois est clair : il comprend son casting et l’assume à « un million pour cent ». Grand fan des hair bands des années 80 — comme Fred St-Gelais, d’ailleurs —, il aime les refrains fédérateurs que tout le monde chante en chœur. « Les anthems, j’adore ça. Bon Jovi, Journey, Scorpion, ça me fait vibrer. J’essaie, modestement, de faire des refrains aussi bons. C’est le but. » En fait, Ludovick Bourgeois aime le côté rassembleur de la musique pop. Comme amateur – « Quand tu es dans un bar, que Living on a Prayer commence et tout le monde se met à chanter, peu importe ce qu’il fait dans la vie… » – et comme interprète. « Desert Song est un bon exemple. Tous mes fans la connaissent, et je peux faire chanter la chanson au complet en spectacle. C’est un peu un accomplissement. »

Écoutez un extrait de Je le ferai

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La tournée

Ludovick Bourgeois adore la tournée. « Je viens du hockey, et être sur la route avec ma gang, ça me rappelle beaucoup le sport », dit le chanteur qui a donné plus d’une centaine de spectacles lors de sa première tournée. Écrire des chansons qu’il aura du plaisir à chanter sur scène est une de ses lignes directrices. « Tu ne fais pas un album pour en vendre, tu fais un album pour vendre des shows. Et si l’album n’est pas bon en show, c’est long, deux ans… » Avec déjà une quarantaine de spectacles programmés, Ludovick Bourgeois s’apprête donc à reprendre la route pour plusieurs mois. Il espère que les gens seront de nouveau au rendez-vous, conscient que le milieu de la musique reste précaire. « Je sais que je suis parmi le 1 % de chanceux qui font ça et qui gagnent bien leur vie. Surtout que j’ai eu un modèle, je les ai vus, les côtés difficiles. Dans ma position d’ex-candidat de La voix, je sais aussi qu’il faut que je me prouve encore plus. Peut-être que c’est le dernier album que je vais faire, j’en ai aucune idée. Alors, j’apprécie sincèrement. Je suis dans une super bonne place et je ne me verrais pas ailleurs. »

Écoutez un extrait de L’écho

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IMAGE FOURNIE PAR L-A BE

2, de Ludovick Bourgeois

2, de Ludovick Bourgeois. L-A be.